Mme Clinton, qui s'exprimait au cours d'une conférence de presse commune avec son homologue israélienne Tzipi Livni, a souligné que les deux responsables allaient s'entretenir avec les autorités syriennes d'un « certain nombre de questions » intéressant les deux pays. « Nous n'avons aucun moyen de prédire l'avenir de nos relations avec la Syrie, a-t-elle noté. Mais je pense que cela vaut le coup d'y aller et d'entamer ces conversations préliminaires. » « Nous ne dialoguons pas pour le plaisir de discuter, il faut qu'il y ait un objectif et la perception d'un bénéfice possible, notamment pour les États-Unis et leurs alliés », a-t-elle souligné. Mme Clinton a rappelé que l'ambassadeur de Syrie à Washington, Imad Moustapha, avait eu un long entretien la semaine dernière au département d'État avec M. Feltman. Les deux pays entretiennent des relations diplomatiques, mais celles-ci sont tendues depuis l'assassinat en 2005 de Rafic Hariri, pour lequel le régime syrien a été pointé du doigt.
Mme Clinton s'est brièvement entretenue avec son homologue syrien Walid Moallem en marge de la conférence des donateurs pour la bande de Gaza lundi à Charm el-Cheikh (Égypte), selon M. Moallem, qui s'en est dit « très heureux ». L'ex-secrétaire d'État américaine Condoleezza Rice a rencontré M. Moallem a plusieurs reprises, la dernière fois en septembre à New York, en marge de l'Assemblée générale de l'ONU.
Un rapprochement entre les États-Unis et la Syrie pourrait faciliter la reprise des pourparlers indirects engagés l'an dernier par celle-ci avec Israël sous l'égide de la Turquie et interrompus par l'offensive israélienne à Gaza. Clinton a précisé que, une fois en place, le nouveau gouvernement israélien, qui sera en principe dirigé par Benjamin Netanyahu, chef du Likoud, les États-Unis accorderaient toute l'attention requise au règlement du dossier israélo-syrien. Israël conditionne tout accord sur la restitution à la Syrie du Golan occupé depuis 1967 à l'abandon par Damas de son soutien actif au Hamas et au Hezbollah.

