Plus que jamais Mahmoud Darwiche et son verbe sont présents dans les cœurs et les esprits. Aujourd'hui, les éditions Dar an-Nahar publient, très à propos, une mince, très mince plaquette d'un poème de Salah Stétié, en hommage à Mahmoud Darwich. Pluie sur la Palestine (25 pages - avec traduction et présentation en arabe de Marwan Farès) où l'auteur de L'Inversion de l'arbre et du silence et de L'Eau froide gardée parle de cette Palestine, si chère à son cœur de Darwiche, cette Palestine blessée mais toujours au cœur des cœurs des hommes... Poésie en langue française pour l'Orient le plus lumineux, pour une Palestine à jamais marquée par le sang et la douleur...
Un fragment de ce texte aux sonorités riches et émouvantes, et aux images d'un lyrisme dénonciateur des grandes faillites humaines et révélateur des combats les plus brutaux. Un lyrisme à la fois frémissant et tendu où les options politiques sont plus que contestables :
« Pays du Christ, te souvient-il du Christ ?
Pays d'islam, pourquoi veux-tu revivre ?
Il y a pour toi les chars étoilés de Sharon
Comme il y a pour la Tchétchénie Poutine
Et Bush est là pour régler la musique...
Pays du Christ pourquoi veux-tu revivre ?
Pâques est passé et c'est "printemps d'épidémie"
Il pleut, il pleut, il pleut sur toi, ma Palestine
Pays sans pluie, pays à pluie de feu
Et pour Marie, "La non-touchée d'un homme",
Il y a toujours, au cœur du cœur, les épines. »
Hoda Naamani entre délire verbal et mysticisme
Plus de onze recueils de poésie arabe ponctuent le parcours de la poétesse Hoda al-Naamani. Écrire, c'est la part léonine de sa vie. Déjà lors de l'une de mes entrevues avec elle, elle a déclaré: «C'est très jeune que j'ai vu le Simorgue... Et je sais que Dieu m'a créée pour écrire. D'ailleurs, depuis mon grand père Abdel Ghani el-Nabilsi, disciple d'Ibn el-Arabi, dans ma famille, l'écriture est une discipline qu'on vénère.»
C'est dans cette voie de spiritualité et de don de l'écriture que s'inscrit le dernier recueil de la poétesse, mais cette fois en langue anglaise.
À la devanture des librairies donc, Rim of the Lock de Hoda Naamani (éditions Houda al-Naamani-103 pages). Poésie aux vers libres où, entre inspiration de tout crin et mysticisme, se déploie un verbe aux confins de l'hermétisme et du précieux pour un éventail de vocables aux sonorités riches et emphatiques.
L'«Histoire de la grande maison» en arabe
Voilà la littérature libanaise francophone dans son écrin original... c'est-à-dire en arabe!
Pour tous ceux qui n'ont pas pu (ou ne peuvent pas lire!) le premier ouvrage de Cherif Majdalani, Histoire de la grande maison, publié en langue française, voilà l'occasion rêvée de lire ce roman aux rebondissements multiples et aux personnages attachants dans sa nouvelle traduction en arabe!
Al-beit al-kabir (avec en couverture une magnifique aquarelle de Moustapha Farroukh, essence même du «dar» traditionnel libanais) vient d'être traduit par Jean Hachem et paraît aux éditions Dar an-Nahar - 336 pages.
Pour le plaisir de découvrir la voix des jeunes romanciers libanais d'expression française parfaitement nourris de toutes les saveurs du pays du cèdre...
E. D.


L'Iran ripostera de façon « décisive » à toute attaque, avertit son négociateur en chef