Pour les experts, les chances de MM. Obama et Sarkozy de l'emporter ne sont pas évidentes. « Ils n'ont encore rien fait de très remarquable sur les questions de guerre et de paix », a commenté Gunnar Soerboe, le directeur de l'Institut Christian Michelsen spécialisé dans les recherches sur la paix et le développement. « C'est sûr que Sarkozy a été très actif sur la scène internationale, en Géorgie ou au Moyen-Orient où il a essayé de contribuer à mettre fin à la guerre de Gaza, mais il n'a pas encore à son actif de succès vraiment retentissant », a-t-il dit à l'AFP. « Avec le temps, s'il continue à enregistrer des succès, il pourra devenir un prétendant crédible, mais c'est trop tôt aujourd'hui », a-t-il précisé.
L'Institut de recherche sur la paix d'Oslo (PRIO) a lui aussi relativisé les chances des deux chefs d'État. « Il est très facile d'être sur la liste des candidats. Il suffit de demander à un quelconque parlementaire de déposer une candidature en sa faveur », a souligné Stein Toennesson, le directeur de PRIO. « Souvent, les candidatures les plus intéressantes sont celles qui ne sont pas rendues publiques », a-t-il précisé.
Parmi les autres candidats figurent l'ex-otage franco-colombienne Ingrid Betancourt et le dissident chinois Hu Jia. La présence de ce dernier parmi les noms examinés par les cinq membres du comité Nobel risque de nouveau d'indisposer le régime chinois, qui réagit vivement à chaque fois qu'un de ses dissidents est présenté comme un possible lauréat.
Le nom du ou des lauréat(s) sera annoncé en octobre, avec une remise formelle le 10 décembre, jour anniversaire de la mort d'Alfred Nobel, l'industriel et philanthrope suédois qui a inventé les prix Nobel. L'an dernier, la prestigieuse récompense avait été décernée à l'ancien président et médiateur finlandais Martti Ahtisaari.

