Parmi ces Américains, de nombreux jeunes adultes. C'est à cette frange de la population que le New York Times a consacré, le 18 février, un article illustrant comment la première puissance mondiale laisse 15 % de sa population dans une grande précarité en matière de droit à la santé.
« J'aurais pu aller dans une grande université pour un an. Au lieu de cela, j'ai passé deux jours à l'hôpital », explique ainsi Alanna Boyd, une hôtesse de 28 ans, victime en octobre dernier d'une maladie digestive. Maladie qui l'a contrainte à passer 46 heures dans un hôpital de Manhattan. À la sortie, Alanna reçoit la facture : 17 398 $. Alanna n'est qu'un exemple parmi tant d'autres jeunes adultes américains se trouvant dans l'incapacité de se payer une assurance médicale.
« Les jeunes adultes représentent le plus grand groupe de personnes non assurées » aux États-Unis, rappelle le New York Times. Ces jeunes adultes ne peuvent plus, en raison de leur âge, être couverts par l'assurance de leurs parents. La plupart des assurances fixent cette limite à 19 ans. Ces jeunes sont sans emploi, ou bien leur emploi ne comprend pas d'assurance, et ils ne peuvent, eux-mêmes, se payer d'assurance. Le coût moyen d'une assurance pour un adulte s'élève en effet à 900 dollars par mois, selon un porte-parle du service assurance de l'État de New York cité par le New York Times. Aux États-Unis, la « sécurité sociale » ne repose que sur Medicare (aide gratuite pour les plus de 65 ans et les handicapés) et Medicaid (une aide gratuite pour les plus démunis). Entre les deux aides, des millions d'Américains, pas assez vieux et plus assez jeunes, pas assez pauvres et pas assez riches, vivent sans assurance médicale.
Dans ces conditions, ces jeunes adultes se débrouillent en tentant l'automédication grâce aux informations disponibles sur Internet ou en récupérant des médicaments non utilisés, voire périmés auprès de leurs amis. Des stratégies à risque. « Nous voyons des gens avec des infections urinaires qui ont pris des médicaments plus appropriés pour des infections des oreilles ou pour une pneumonie. Le problème étant qu'ils n'ont pas vraiment traité leur maladie et qu'en plus, ils commencent à développer une certaine résistance aux antibiotiques », explique au New York Times le Dr Barbie Gatton, qui a travaillé dans différents services d'urgences de New York.
Le premier système de sécurité sociale d'envergure a été mis en place, aux États-Unis, par le président Roosevelt, en 1935, pendant les sombres années de la crise. Peut-être la crise actuelle permettra au moins au président Obama, 74 ans plus tard, d'offrir aux Américains une couverture sociale digne de la puissance de leur nation.

