« C'était un engin explosif, peut-être une grenade à main, apparement jeté d'un toit vers une zone de cafés », a déclaré à l'AFP un responsable de la police, alors que les abords du quartier ont été bouclés par les forces de sécurité. Parmi les blessés, figurent neuf touristes français, dont un dans un état critique, ainsi qu'un Allemand, trois Saoudiens et trois Égyptiens, a indiqué à la télévision le ministre de la Santé, Hatem al-Gabali. La plupart des blessés sont légèrement atteints. La touriste française est décédée à l'hôpital, a indiqué une source policière. Le décès de cette touriste n'a pas été confirmé de source consulaire française. À Paris, le ministère des Affaires étrangères a indiqué qu'un ressortissant français était mort et huit autres avaient été blessés dans l'attentat.
« Deux engins explosifs ont été lancés du haut d'un immeuble surplombant une rue pleine de cafés et de restaurants » en bordure de Khan el-Khalili, face à la grande mosquée al-Hussein, ont raconté des témoins à l'AFP. Une source policière a confirmé cette version, indiquant que le second engin avait été désarmorcé par des artificiers. Les forces de sécurité ont établi des cordons de sécurité, empêchant tout accès au lieu de l'attentat.
Le bazar de Khan el-Khalili, où convergent chaque jour des milliers de touristes, avait déjà été le théâtre d'un attentat en avril 2005. Deux touristes français et un Américain y avaient été tués dans un attentat-suicide. Il s'agit de la première attaque contre des touristes en Égypte depuis le triple attentat qui avait frappé la station balnéaire de Dahab, dans la péninsule du Sinaï, en avril 2006, dans lequel 20 personnes, dont 6 ressortissants étrangers, avaient été tués, en plus des 3 kamikazes. Deux autres grandes cités balnéaires du Sinaï, en bordure de la mer Rouge, avaient également été visées en 2004 et 2005 : Taba (34 morts) et Charm-el-Cheikh (70 morts).
On considère que le tiers des cadres d'el-Qaëda sont des Égyptiens, dont Ayman al-Zawahiri, le n° 2 de la nébuleuse terroriste. Cet attentat dans un lieu aussi symbolique que Khan el-Khalili, aux venelles bordées d'échoppes touristiques, pourrait peser lourdement sur le tourisme en Égypte, déjà touché par la crise économique. Aucune revendication n'a eu lieu pour l'instant.

