Pendant ce temps, des dissidents ont dénoncé des pressions de la police pour les réduire au silence. « Des policiers en civil m'ont empêché de sortir de chez moi, ils avaient peur que j'essaie de voir Hillary Clinton ou des membres de sa délégation », a déclaré hier par téléphone à l'AFP le dissident Jiang Qisheng, ancien du mouvement prodémocratique de Tiananmen qui a passé plusieurs années en prison.
Parallèlement, autour de l'église où Mme Clinton a assisté à un service religieux hier matin, dans un pays régulièrement accusé par Washington de violer la liberté de culte, des policiers en civil ont embarqué des Chinois dans des voitures sans plaques.
Samedi, c'est l'épouse du dissident Hu Jia, prix Sakharov 2008 pour la liberté de pensée du Parlement européen qui purge une peine de trois ans et demi de prison pour tentative de subversion, qui avait indiqué être confinée chez elle. « Je suis actuellement en résidence surveillée, car Hillary Clinton est arrivée », a indiqué à l'AFP Zeng Jinyan, elle aussi dissidente. Sur son blog, censuré en Chine, Zeng a expliqué avoir été empêchée par des policiers de sortir de chez elle samedi pour retrouver Gao Yaojie, un militant de la lutte contre le sida qui devait rencontrer dimanche Mme Clinton.
L'organisation Chinese Human Rights Defenders a affirmé avoir relevé plusieurs autres cas d'intimidation de dissidents, dont des signataires de la « Charte 2008 », un texte appelant à des réformes démocratiques en Chine.
Des opposants regrettent que la démocrate Clinton ne se soit pas davantage investie dans la défense des droits de l'homme lors de sa première visite à Pékin en tant que membre de l'administration Obama. « Les défenseurs des droits de l'homme et la société civile vont souffrir encore plus si la communauté internationale ne met pas assez de pression sur la Chine », a déclaré hier la femme de Hu Jia, Zeng Jinyan. « Les droits de l'homme devraient venir en troisième position dans les relations entre deux pays », après « la sécurité et l'économie », estime pour sa part le dissident Gao Hongming, joint par l'AFP et lui aussi interdit de sortir de chez lui depuis vendredi.
Toutefois certains opposants, comme Jiang Qisheng, disent « soupçonner qu'en privé Mme Clinton a été plus ferme » avec les dirigeants chinois sur les droits de l'homme.
« En public, elle est naturellement obligée de peser ses mots pour que les autorités chinoises ne perdent pas la face », selon lui.


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