« Depuis un certain temps, des habitants de Tripoli et du Akkar ont été arrêtés alors qu'ils n'ont pas le moindre lien avec Fateh el-Islam ou quelque autre organisme terroriste, sous prétexte qu'ils ont participé aux incidents du 7 mai à l'issue desquels 87 personnes ont été tuées, sans compter les dégâts matériels infligés et les dignités bafouées », a-t-il commencé par dire. « Nous avons accepté de tourner la page parce qu'il y a eu des réconciliations générales. Sauf qu'une question se pose d'elle-même : pourquoi les personnes arrêtées n'appartiennent-elles qu'à une faction très précise de Libanais, c'est-à-dire des habitants de Tripoli et du Akkar ? Pourquoi aucune autre personne appartenant à l'autre camp et incriminée dans les agressions du 7 mai n'est-elle pas, elle aussi, arrêtée ? » s'est ainsi demandé le député du Liban-Nord. « Il est de notre droit de demander à la justice pourquoi cela n'a pas été fait, surtout que tout le monde a eu l'occasion de voir sur les écrans de télévision tous les crimes qui ont été commis - si cela a échappé aux juges, nous pouvons leur envoyer des vidéos de ce qui s'est passé », a-t-il ajouté.
« Nous aurions réellement souhaité tourner la page, mais des jeunes gens appartenant à un camp bien précis sont toujours emprisonnés et la justice n'entend aucunement les libérer. Je n'en fais pas le reproche à la justice, mais je demande au pouvoir politique, représenté par le Premier ministre et le ministre de la Justice, de répondre dans les délais légaux à cette interpellation et de définir clairement les orientations données dans ce cadre à la justice. Sinon, s'il y a deux poids deux mesures dans cette affaire, cela serait totalement inadmissible. Comme il est inadmissible, aussi, d'ailleurs, que les choses continuent en l'état », a martelé Misbah Ahdab.
D'autre part, et sur le plan politique, le député de Tripoli a qualifié le concept de tiers de blocage d'« hérésie ». Enfin, il a applaudi à l'alliance à Tripoli entre l'ancien Premier ministre Nagib Mikati et le chef du Courant du futur Saad Hariri, et encouragé à sa mise en pratique.

