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Culture

Une censure sens dessus dessous

Il a été projeté en avant-première au cinéma Empire et les Libanais l'attendaient cette semaine. Dans cinq salles très précisément.
En dernière minute, renversement de situation, le film Help de Marc Abi Rached a été interdit au Liban. Les dessous d'une censure.
Marc Abi Rached et Joanna Andraos, actrice principale du film, s'interrogent: pourquoi la censure n'a-t-elle pas réagi plus tôt, à la première lecture du scénario du film? Pourquoi a-t-elle octroyé la licence malgré certaines scènes osées? «Et pourtant, insiste Abi Rached, je n'ai enfreint aucun règlement. De plus, le permis m'a été accordé le 10 juillet 2008 sous la licence 1460.»
En effet, c'est après obtention de ce permis, à base de lecture de scénario, que le cinéaste avait achevé le montage de Help, réservé les salles, organisé l'avant-première avec la presse. Des coûts qui se sont surajoutés au prix initial du film (près de 200000 dollars).
Certes, le long-métrage, le premier né de Marc Abi Rached, a eu un accueil mitigé. Certains ont apprécié ce côté osé, nouveau et hors du commun, d'autres non. «Mais là n'est pas le problème, souligne le cinéaste. Ce sont les aléas du métier, et on ne fait pas un film pour plaire à tout le monde. Mais depuis quand le goût doit être soumis à la loi?» Et de poursuivre: «Si on m'avait indiqué, avant la finalisation du montage, l'article de loi qui interdisait ou sanctionnait ce genre de scènes, je me serais empressé de rectifier le tir.»
 L'avant-première a été organisée jeudi dernier. Le lendemain (c'est-à-dire trois jours avant la projection officielle), alors que le producteur devait aller retirer les quatre permis pour les autres salles, il lui a été signifié que le film ne passerait pas et qu'il fallait couper 28 des 87 minutes. «De plus, renchérit Marc Abi Rached, la censure m'avait conseillé, à la première lecture du scénario, d'obscurcir certaines scènes de nu. J'avais obtempéré. Le temps octroyé à ces scènes est donc légal et je m'étonne de ce comportement.»
Aujourd'hui, après plusieurs tergiversations, il est suggéré de couper sept minutes, mais Marc Abi Rached refuse, «par principe, dit-il, car je ne comprends pas encore ce qui est arrivé». Est-ce qu'un goût personnel doit dicter la sortie en salle d'une œuvre? Est-ce qu'une cabale a été organisée à son insu? Des interrogations sans réponses, apparemment.
C'est la première fois qu'un permis de film donné est retiré par la suite. Mais quelle est exactement l'histoire de Help? Il s'agit de l'underground libanais, des marginaux qui vivent en sursis de la vie. Une prostituée (campée admirablement par Joanna Andraos), un jeune délinquant en quête d'affection et de figure maternelle, des caractères vus comme dans un miroir avec effet double, comme ce pauvre qui s'identifie au riche. Des destins croisés à la manière d'Altman, une vision intimiste comme dans les films de la Nouvelle Vague et un réalisme qui rappelle l'âge d'or des œuvres italiennes. Voilà ce qu'est Help, coproduit par Frame by Frame et Khaled el-Meer.
Alors, à quand la sortie?
En dernière minute, renversement de situation, le film Help de Marc Abi Rached a été interdit au Liban. Les dessous d'une censure. Marc Abi Rached et Joanna Andraos, actrice principale du film, s'interrogent: pourquoi la censure n'a-t-elle pas réagi plus tôt, à la première lecture du scénario du film? Pourquoi a-t-elle octroyé la licence malgré certaines scènes osées? «Et pourtant, insiste Abi Rached, je n'ai enfreint aucun règlement. De plus, le permis m'a été accordé le 10 juillet 2008 sous la licence 1460.» En effet, c'est après obtention de ce permis, à base de lecture de scénario, que le cinéaste avait achevé le montage de Help, réservé les salles, organisé...
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