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Liban - Éclairage

Bkerké fait front, et assume son engagement pour la cause nationale

L'intervention incisive du patriarche Sfeir dans la revue al-Massira aura marqué la semaine politique. Il y met en garde contre les retombées néfastes d'une victoire électorale des prosyriens. Et il critique vivement, sans les nommer, des pôles déterminés de ce camp. Le général Michel Aoun a de suite répliqué en répétant que « le patriarche n'est pas en droit de s'exprimer au nom des chrétiens ».
On n'en reste pas là. Les visiteurs de Bkerké sont ainsi autorisés à développer en public ce riche codicille : le patriarche se tient plus que jamais droit dans ses bottes, dans la défense de la cause nationale bien comprise. Il est intraitable sur les constantes, et se refuse à toute concession dans ce domaine. Il s'étonne un peu de voir certains réagir comme s'il adoptait soudainement une position nouvelle. Il rappelle qu'à la fin des années quatre-vingt, il s'était dressé, au nom de son attachement à l'État des institutions, contre la ligne suivie alors par les Forces libanaises. Il égrène du reste toutes les positions du patriarcat avant, pendant et après les hostilités de 1975, pour demander où se trouvaient alors ses détracteurs actuels. Où se terraient-ils, pourquoi se taisaient-ils quand sa voix se faisait entendre ?
Abordant l'argument dit de la neutralité, ces témoins soulignent que « le patriarche ne se mêle pas de politique politicienne. Il n'est pas partie au conflit de pouvoir local, ne réclame évidemment aucune part. Mais il ne peut rester les bras croisés quand le sort de la patrie, ou les constantes assurant sa pérennité sont en jeu. Il se trouve alors, tout au contraire, engagé à fond dans le combat. Car, par vocation historique, Bkerké reste à jamais un recours national authentiquement, profondément, libanais. Une spécificité que le monde entier lui reconnaît. En souscrivant à la formule consacrée « la gloire du Liban lui a été donnée ».
Les sources citées notent que, tout naturellement, les positions successives de Bkerké ont suscité, tout au long de l'histoire, autant d'approbations que de rejets. Sans jamais influer sur son cap. Ou le porter à ménager telle ou telle partie, locale ou étrangère.
Actuellement, le patriarche se préoccupe, avec une forte inquiétude, de projets tissés au-dehors. Il s'effraie du bras de fer local articulé sur des politiques extérieures. Il veut tirer la sonnette d'alarme, comme il l'avait fait en septembre 2000, à travers le « premier appel », resté fameux, du Conseil des évêques maronites, et qui a donné le coup d'envoi au processus aboutissant au départ des Syriens.
Un détail quasi anecdotique : des opposants auraient discrètement relancé Bkerké, après la parution de l'interview, pour qu'il laisse entendre que ses propos avaient été déformés. Mais il a évidemment refusé de se prêter à de telles compromissions, confirmant, et au-delà, tout ce qu'il avait déclaré.
Un député de la majorité indique que l'inquiétude de Mgr Sfeir est justifiée au point que le Liban traverserait, dans les trois prochaines semaines, une des phases les plus délicates de son histoire politique, du fait d'importants développements extérieurs, répercutés sur la scène locale par les adeptes de l'axe syro-iranien. De manière moins urgente, certains loyalistes croient savoir qu'après les élections, le général Michel Aoun irait jusqu'à mettre en cause la légitimité du chef de l'État et lui demanderait de démissionner. Ce qui ne saurait plaire à Bkerké, qui défend le principe de la présidence, même quand il semble branlant. Il s'était ainsi opposé à ce que l'on fasse marcher la foule sur Baabda pour en déloger Lahoud, après l'assassinat du président Hariri.
Il reste que des aounistes imputent au 14 Mars la multiplication de manœuvres pour saper la normalisation entre le général et le patriarche. Les sources proches de Bkerké répliquent que le prélat n'a besoin de personne pour savoir que faire. Sans jamais dévier.
L'intervention incisive du patriarche Sfeir dans la revue al-Massira aura marqué la semaine politique. Il y met en garde contre les retombées néfastes d'une victoire électorale des prosyriens. Et il critique vivement, sans les nommer, des pôles déterminés de ce camp. Le général Michel Aoun a de suite répliqué en répétant que « le patriarche n'est pas en droit de s'exprimer au nom des chrétiens ».On n'en reste pas là. Les visiteurs de Bkerké sont ainsi autorisés à développer en public ce riche codicille : le patriarche se tient plus que jamais droit dans ses bottes, dans la défense de la cause nationale bien comprise. Il est intraitable sur les constantes, et se refuse...
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