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Actualités - Opinion

Finances L’industrie de la gestion alternative

La crise financière a touché les Hedge Funds en diminuant leurs performances et en décourageant leurs gérants à prendre des risques. Les investisseurs dans les Hedge Funds sont en train de liquider des portefeuilles toxiques pour se positionner sur des produits à moindre risque. Cette rationalisation a entraîné une réduction d’acteurs sur ce marché. Pour comprendre cette situation, il faut connaître l’essentiel des mécanismes de fonctionnement. La gestion alternative est un type d’investissement privé complexe à long terme attirant des investisseurs aisés et nécessitant un gérant de fonds qui sache rechercher des opportunités, autrement dit des entreprises à fort potentiel ou en difficulté, son but étant d’optimiser le rapport performance/volatilité. Les Hedge Funds offrent aux investisseurs une « alternative » aux placements classiques avec un risque élevé en utilisant des techniques de gestion avec effet de levier (fonds empruntés/fonds propres). Ce dernier consiste à vendre à découvert (au comptant) des titres que l’on ne détient pas, en espérant les racheter moins cher ultérieurement, le tout en s’endettant. La différence entre le prix de vente et de rachat des actions constitue le profit. Mais, cette stratégie est très risquée en cas de retournement du marché. En fait, les Hedge Funds ont des stratégies allant du marché sans risque aux marchés les plus risqués et donc présentant des ratios rendement/risque très variables, qu’on peut classer en deux catégories de stratégies alternatives. La stratégie « Global Macro » tente de tirer profit des évolutions de l’économie globale. Les sous-jacents utilisés sont les devises, les indices, les courbes de taux et les matières premières. Puis des stratégies basées sur des arbitrages, qui prennent différentes formes : – L’arbitrage sur des fusions-acquisitions, qui résulte de l’écart entre le prix annoncé par l’acquéreur et le prix du marché de la cible. – L’arbitrage sur les produits de taux, qui cherche à tirer profit des mouvements des taux en utilisant les futures et les swaps de taux. – L’« Event Driven », qui recherche les opportunités générées par des événements intervenant dans la vie des entreprises comme la filialisation, la fusion ou les difficultés. – Les investissements dans les marchés émergents. – Le « High Frequency Statistical Arbitrage », qui consiste à tirer profit d’une baisse ou d’une hausse de la corrélation entre titres, secteurs et marchés. Ce comportement est autoprédictif et favorise la stabilité. – Le « Quantitative Trading », qui consiste à prendre des positions basées sur des prédictions effectuées par un modèle quantitatif, avec une analyse des cours pour déceler des signaux acheteurs ou vendeurs. En période de stabilité, les Hedge Funds offrent au moins trois avantages : une faible volatilité avec des risques faibles, des rendements élevés et une faible corrélation aux marchés de capitaux. Mais ils présentent aussi des risques : le risque de marché après une sous-évaluation des titres ; le risque opérationnel associé au fait qu’ils investissent dans des entreprises qu’il faut analyser attentivement ; le risque de crédit lié au manque d’information sur l’origine des fonds ; le risque de liquidité, car ils offrent généralement peu de liquidité à leurs souscripteurs ; enfin, le risque de transparence lié à la crédibilité du gérant qui a la possibilité de modifier la composition d’un portefeuille et de changer les stratégies d’investissement sans aviser les investisseurs. D’où leur sensibilité à la crise. Heureusement qu’il y a d’autres fonds qui continuent d’avoir de bonnes performances comme les fonds de fonds qui appliquent une stratégie de placement diversifiée de manière à optimiser le ratio risque/rendement et qui présentent une corrélation faible avec le marché. Toutefois, la nécessité s’impose d’avoir une meilleure réglementation pour éviter la défaillance d’un fonds et ne pas créer de l’incertitude sur le marché et un effondrement du système financier. Ghada A. ABOU JAOUDÉ, mastère de spécialisation en finances à l’ESA, et le Dr Jean-Paul Louis MINQUET, professeur de finance à ESCP-EAP Paris et à l’ESA Beyrouth En coopération avec : ESA
La crise financière a touché les Hedge Funds en diminuant leurs performances et en décourageant leurs gérants à prendre des risques. Les investisseurs dans les Hedge Funds sont en train de liquider des portefeuilles toxiques pour se positionner sur des produits à moindre risque. Cette rationalisation a entraîné une réduction d’acteurs sur ce marché. Pour comprendre cette situation, il faut connaître l’essentiel des mécanismes de fonctionnement.
La gestion alternative est un type d’investissement privé complexe à long terme attirant des investisseurs aisés et nécessitant un gérant de fonds qui sache rechercher des opportunités, autrement dit des entreprises à fort potentiel ou en difficulté, son but étant d’optimiser le rapport performance/volatilité. Les Hedge Funds offrent aux investisseurs une...