La Syrie cherche à tirer parti de l’incapacité d’Israël à se débarrasser du Hamas à Gaza pour renforcer sa main dans les pourparlers de paix avec l’État hébreu et entrer dans les bonnes grâces de la nouvelle administration américaine.
Le gouvernement syrien, qui n’est sorti que récemment de plusieurs années d’isolement sur la scène internationale, réclame désormais une place pour son allié islamiste palestinien dans le processus de paix au Moyen-Orient, comme le notent des diplomates en poste dans la région.
Mais la Syrie devra amener son protégé palestinien à faire des concessions allant dans le sens de ce qu’exige la communauté internationale si elle veut renforcer sa position diplomatique alors qu’elle fait l’objet de deux enquêtes des Nations unies concernant son rôle au Liban et ses activités nucléaires.
« Sa vive résistance à Gaza a prouvé que le Hamas est une force politique avec laquelle il faut compter. Il y a une nouvelle réalité régionale et un nombre croissant de pays en conviennent. Il en est ainsi de la Turquie, qui est un acteur important », fait valoir un responsable syrien. Le Hamas a répondu à la trêve unilatérale d’Israël après des tractations intenses avec des responsables turcs à Damas et égyptiens au Caire. Le mouvement islamiste a tenu la Syrie au courant, dit-on de source palestinienne, mais celle-ci n’a pas eu a faire pression sur le Hamas. Sa position sur la nécessité de mettre fin à l’agression et de lever le blocus de Gaza était en totale osmose avec celle du Hamas. Mais « le Hamas s’est senti épuisé et a reconnu que les Palestiniens de Gaza avaient besoin d’un répit ».
De source diplomatique, on confirme que la Syrie s’est efforcée d’éviter d’exercer des pressions sur le Hamas du fait qu’il jouait sa survie à Gaza. Mais il est notoire que, dans le passé, Damas a fait jouer son influence sur le mouvement.
Si la communauté internationale choisissait de s’aventurer dans un dialogue avec le Hamas plutôt que de continuer à l’ignorer superbement, la Syrie pense avoir un rôle à jouer pour encourager une telle évolution.
La Syrie escompte aussi un dégel de ses relations avec Washington, estimant le président Barack Obama plus à même de faciliter les négociations syro-israéliennes sur la restitution du Golan que son prédécesseur George Bush, qui tenait Damas en quarantaine.
Pour l’analyste Joshua Landis, qui anime le site Internet Syria Comment, « la Syrie bénéficie d’une prise de conscience plus aiguë de la communauté internationale que la solution du conflit israélo-arabe commande un règlement plus large au Moyen-Orient ». Barack Obama devra se tourner vers la Syrie s’il veut atténuer les tensions régionales et réduire la montée du radicalisme, estime-t-il, bien que le nouvel émissaire américain au Proche-Orient, l’ancien sénateur George Mitchell, évitera Damas lors de sa première mission dans la région cette semaine.
« Si la guerre à Gaza a entamé le crédit de ses rivaux, la Syrie ne peut continuer à s’en tirer en jouant la carte de la fermeté tout en recherchant la paix avec Israël », estiment les diplomates.
« À un moment donné, Damas devra montrer qu’il peut prendre ses distances avec l’Iran et obtenir du Hamas ce qu’on lui demande », dit l’un d’eux. « Le Hamas n’en a pas fait assez. Il doit montrer qu’il peut offrir quelque chose de neuf à Gaza. La Syrie aussi doit montrer qu’elle est prête à faire pression sur lui », estime un autre.
Après la BBC, Sky News refuse
de diffuser un appel de fonds
pour Gaza
La chaîne privée britannique Sky News a annoncé hier qu’elle refusait de diffuser un appel de fonds pour les victimes du conflit à Gaza, tout comme la BBC qui a de nouveau défendu sa décision à l’origine d’un tollé au Royaume-Uni. Comme la radiotélévision publique, Sky News a dit craindre que la diffusion sur ses antennes de l’appel du Comité d’urgence pour les catastrophes, qui regroupe plusieurs ONG dont la Croix-Rouge britannique ou Oxfam, ne nuise à son image d’impartialité. Cette polémique intervient alors que la BBC a été critiquée par les organisations propalestiniennes britanniques pour sa couverture du conflit à Gaza, qu’elles jugent trop favorable à Israël. Hier, le directeur général de la BBC, Mark Thompson, a une nouvelle fois justifié cette décision au nom de la nécessaire « impartialité » de la chaîne dans ce conflit.
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Le gouvernement syrien, qui n’est sorti que récemment de plusieurs années d’isolement sur la scène internationale, réclame désormais une place pour son allié islamiste palestinien dans le processus de paix au Moyen-Orient, comme le notent des diplomates en poste dans la région.
Mais la Syrie devra amener son protégé palestinien à faire des concessions allant dans le sens de ce qu’exige la communauté internationale si elle veut renforcer sa position diplomatique alors qu’elle fait l’objet de deux enquêtes des Nations unies concernant son rôle au Liban et ses...