Le Conseil des ministres n’a toujours pas réussi, au bout de trois réunions successives, à adopter le projet de budget pour l’an 2009, en raison des polémiques sur l’affaire des caisses.
Le débat au sein du gouvernement se poursuit sur les dispositions juridiques du projet de budget. Chaque disposition est étudiée dans les détails, si bien que jusqu’à présent, seulement 75 ont été approuvées sur les 91 que contient le projet. Cependant, cela ne saurait occulter le fait – et la séance d’hier au palais de Baabda sous la présidence du chef de l’État l’a bien illustré – que certaines polémiques entravent la bonne marche du processus, notamment sur le Conseil du Liban-Sud, la Caisse des déplacés, ainsi que les indemnités pour les victimes de la guerre de juillet 2006. Le ministre des Finances se montre en effet réticent à inclure dans le projet de budget les crédits du Conseil du Sud et les indemnités dues aux victimes de la guerre de juillet, afin de ne pas accroître le déficit budgétaire, ce qui aurait pour conséquence une augmentation des impôts.
Les ministres de l’opposition ont ainsi réclamé que les fonds nécessaires à ces indemnités et au Conseil du Sud soient assurés. Un sujet de débat qui a monopolisé les ministres à lui seul durant plus d’une demi-heure, et qui n’a d’ailleurs pas été réglé. Il a aussitôt été décidé de consacrer une séance à la question des caisses, sans qu’aucune date ne soit fixée. Le ministre des Finances, Mohammad Chatah, a d’ailleurs précisé qu’aucune décision de fermer les caisses ne serait prise à l’heure actuelle, ni même d’ici un an ou deux, dans la mesure où cette fermeture nécessite l’existence de fonds pour réaliser les projets en suspens, des fonds qui sont actuellement indisponibles.
Le débat sur le courant électrique a également pris une part importante des débats, notamment sur la question du montant du déficit, de l’allocation des crédits, de la rénovation des centrales de production d’électricité et la faiblesse des revenus, en raison des failles au niveau de l’encaissement des factures et l’incapacité à lutter contre les branchements illégaux. L’étude du dossier de l’électricité n’a cependant pas été achevée. Certains ministres ont affirmé que l’augmentation du tarif d’électricité a été définitivement écartée. Des membres du gouvernement ont suggéré sur ce plan que le soutien à l’électricité soit limité aux couches pauvres de la population de manière à établir une distinction dans les tarifs entre ceux qui bénéficient de revenus élevés et ceux dont les revenus sont limités.
Des sources de l’opposition au sein du gouvernement ont indiqué que le débat sur le budget n’est pas terminé, et qu’il y a encore beaucoup de réserves et d’objections au projet de budget qui est actuellement soumis à l’étude. Les points qui font l’objet de ces réserves seront soumis à un vote, ont précisé ces sources.
Un point qui a été résolu au cours du débat hier concerne l’essence. Le Conseil des ministres a confirmé le droit de l’État à percevoir 10 000 LL sur chaque bidon d’essence. Une proposition a été faite de fixer une taxe supplémentaire de 2 % soit sur les taxes douanières, soit sur la TVA afin de couvrir les augmentations introduites dans le projet de budget du fait de l’accroissement des salaires ou le paiement de certaines indemnités, ce qui a accru dans une large mesure le déficit du budget.
Dans ce contexte, le ministre des Finances ne prévoit pas que l’approbation du budget se fera aisément, tout en évitant de se prononcer sur un possible déblocage au cours de la séance de mardi prochain.
Sur un tout autre plan, le ministre de la Défense, Élias Murr, a annoncé au Conseil qu’il se rendra en Syrie mercredi prochain, en réponse à une invitation de son homologue syrien, et en fonction d’un agenda bien précis, qui comporte l’observation et le contrôle des frontières et la lutte contre la contrebande, conformément aux résolutions du sommet Assad-Sleiman et à la résolution 1701. Le Conseil a approuvé la visite du ministre.
Le ministre de l’Intérieur, Ziyad Baroud, a par ailleurs reçu une lettre qui lui a confirmé l’approbation par le Conseil des ministres syrien du principe de la création d’un comité libano-syrien de suivi, conformément aux décisions qui avaient suivi sa visite en Syrie à la fin de l’an dernier.
Il convient de signaler que la séance du Conseil avait débuté par des interventions du président de la République, Michel Sleiman, et du Premier ministre, Fouad Siniora, sur l’importance du rôle joué par le Liban pour mettre fin à la crise à Gaza, ainsi que sur l’importance de la réconciliation interarabe et interpalestinienne, et sur la poursuite du dialogue autour de la stratégie de défense.
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Le débat au sein du gouvernement se poursuit sur les dispositions juridiques du projet de budget. Chaque disposition est étudiée dans les détails, si bien que jusqu’à présent, seulement 75 ont été approuvées sur les 91 que contient le projet. Cependant, cela ne saurait occulter le fait – et la séance d’hier au palais de Baabda sous la présidence du chef de l’État l’a bien illustré – que certaines polémiques entravent la bonne marche du processus, notamment sur le Conseil du Liban-Sud, la Caisse des déplacés, ainsi que les indemnités pour les victimes de la guerre de juillet 2006. Le ministre des Finances se montre...