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Actualités - Opinion

En toute liberté La pire configuration

de Fady Noun Tous les experts militaires vous diront que le grand danger de la situation actuelle à Gaza, c’est que les deux acteurs du conflit se sont placés dans la pire configuration qui soit, celle de ne plus pouvoir reculer sans perdre la face. Mais peuvent-ils avancer pour autant ? Le dos au mur, Haniyeh sait qu’il joue son va-tout et qu’en y renonçant, il se discrédite politiquement et militairement, après avoir vu ses institutions à terre, affirme un expert militaire libanais. Pour lui, avancer, c’est empêcher Israël de vaincre en faisant traîner le conflit et en comptant sur la pression psychologique de l’opinion mondiale pour obtenir l’arrêt de l’offensive. Parallèlement, le Hamas fait tout pour attirer l’armée israélienne à une véritable guérilla urbaine, où elle ne pourra plus utiliser son artillerie ou son aviation, du fait de la proximité des combattants les uns des autres. Dans les rues de Gaza, quelles que soient les pertes palestiniennes, le Hamas sera gagnant. De son côté, le gouvernement israélien hésite. Il sait qu’une véritable offensive contre les bastions urbains du Hamas « ne sera pas une simple promenade », pour reprendre un euphémisme bien connu. C’est-à-dire qu’elle sera coûteuse sur le plan humain. L’hésitation d’Israël se constate sur le terrain. Après avoir conquis les grands axes, cette armée n’a fait aucun progrès dans les ruelles de Gaza. Elle se contente d’effectuer de courtes attaques contre des points névralgiques des bastions du Hamas, où elle détruit pratiquement tous les édifices pour atteindre ses objectifs, avec des pertes civiles qui sont un véritable crève-cœur. Pour Israël, cette tactique a un double avantage : elle donne l’illusion du mouvement et se solde par des pertes humaines limitées. Car une vaste offensive signifierait, à la limite, pertes humaines élevées pour Israël et, pour la population de Gaza, exode massif ou même génocide. Comment interpréter, dans cette situation, le rappel des réservistes ? Selon la source citée, ce rappel vise à contrebalancer l’effet produit sur l’adversaire par les négociations qui se déroulent au Caire. Le « message» est donc double, militaire et diplomatique à la fois. Encore que cet avertissement n’intimide pas nécessairement le Hamas, souligne l’expert précité, dans la mesure où, pour modifier l’équilibre militaire, les réservistes doivent être bien entraînés, ce qui est loin d’être le cas, comme la guerre contre le Liban, en 2006, l’a amplement prouvé. On le voit, la situation est un casse-tête pour les médiateurs qui tentent de trouver une issue au conflit qui puisse se solder par un double gain (« win-win situation ») ou au moins un match nul : la victoire d’Israël sera d’avoir atteint certains de ses objectifs (et, comme en passant, quelques dividendes électoraux pour le parti au pouvoir) ; celle du Hamas d’avoir empêché Israël d’atteindre tous ses objectifs. La question qui se pose est donc la suivante : fallait-il vraiment tous ces morts, ces blessés, cette souffrance indicible, pour en arriver là ?
de Fady Noun

Tous les experts militaires vous diront que le grand danger de la situation actuelle à Gaza, c’est que les deux acteurs du conflit se sont placés dans la pire configuration qui soit, celle de ne plus pouvoir reculer sans perdre la face.
Mais peuvent-ils avancer pour autant ? Le dos au mur, Haniyeh sait qu’il joue son va-tout et qu’en y renonçant, il se discrédite politiquement et militairement, après avoir vu ses institutions à terre, affirme un expert militaire libanais. Pour lui, avancer, c’est empêcher Israël de vaincre en faisant traîner le conflit et en comptant sur la pression psychologique de l’opinion mondiale pour obtenir l’arrêt de l’offensive.
Parallèlement, le Hamas fait tout pour attirer l’armée israélienne à une véritable guérilla urbaine, où elle ne pourra plus utiliser...