Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

À vos marques... Murray a bien mûri

de Makram Haddad Il y a encore quelque temps on croyait le tennis dominé par deux hommes. Aujourd’hui l’équation a changé. La saison 2008 aura marqué le renouveau de ce tennis masculin avec la confirmation de très grands talents. Symbole de cette progression, Andy Murray est déjà quatrième au classement ATP. 2009 risque sans doute d’être son année. L’Écossais de 21 ans a conservé son titre, samedi, à Doha. À une semaine de l’Open d’Australie, Murray est déjà prêt. Au point d’être l’un des favoris du grand chelem. La Grande-Bretagne s’inquiétait : la génération Rusedski-Henman allait s’en aller et on cherchait désespérément un successeur à ces deux champions. Aujourd’hui, les Britanniques n’ont plus de soucis à se faire, il est bel et bien là. Écossais d’origine, Andy Murray représente très bien le flegme anglais. Trop longtemps resté au simple rang de grand espoir, il s’est enfin fait un nom. Et pour en arriver là, le Britannique aura vécu beaucoup de choses et fait des sacrifices. D’ailleurs on pourrait même parler de miracle qu’il soit encore vivant. En effet, et alors qu’il n’a que huit ans, Murray a survécu au massacre de Dunblane dans son école. Son frère aîné Jamie, également professionnel – mais plutôt spécialiste du double – aura sans doute aussi été l’un des éléments déterminants dans sa carrière. Toujours là pour le soutenir, Jamie l’a sans doute aidé à se forger ce mental d’acier. Et le grand espoir qu’on a cru un moment déchu s’est vite révélé. Dès l’âge de douze ans, vainqueur du célèbre Orange Bowl que tous les meilleurs ont gagné – de Wilander à Courier, en passant par Agassi ou Federer – on pouvait se dire que lui aussi serait un grand. La confirmation viendra cinq ans plus tard à l’occasion de l’US Open juniors. Murray confirme enfin tous les espoirs placés en lui. Le plus dur sera néanmoins son entrée dans le circuit professionnel, une grande marche toujours très dure à franchir où beaucoup de grands espoirs se perdent. Il la franchira en 2005. À la recherche de Wild-Card ou de qualifications pour le moindre tournoi ATP ou à se morfondre dans les illustres Challengers ou Future, ce n’est sans doute pas le plus bon moment d’une carrière. Mais Murray, lui, va plus vite que tout le monde. Enchaînant performance sur performance, il jouera même la première finale de sa carrière ATP à Bangkok. Bien que battu, il continue d’apprendre et boucle la saison 64e au classement ATP. Son heure arrive enfin. Outre le fait de se faire le scalp du numéro un mondial, Roger Federer, pour leur premier affrontement, il remportera notamment son premier tournoi ATP à San Jose avant de céder en finale à Washington. Bien qu’il soit de plus en plus présent dans les dernières parties des tableaux, dont notamment des grands chelems, l’Écossais pense pouvoir encore beaucoup progresser. À dix-neuf ans, il est déjà dix-septième mondial. La fusée Murray est en marche. Bien qu’absent à Roland-Garros et à Wimbledon, le Britannique fait sa première très grande saison en 2007. Entrant pour la première fois dans le top 10 mondial, en gagnant notamment deux tournois – San Jose et St-Pétersbourg – et en atteignant deux autres finales, Murray commence alors à faire peur sur le circuit et termine l’année à la 11e place. Attendu au tournant pour la saison 2008, il répondra présent. Malgré une élimination au premier tour à l’Open d’Australie, Murray remporte la bagatelle de cinq tournois dont notamment deux masters séries : Cincinnati et Madrid. Outre ces deux très belles victoires, « Angry Murray », comme on le surnomme parfois, atteint la finale de l’US Open en éliminant le numéro un mondial Rafael Nadal, rien que ça ! Éblouissant en fin de saison, Murray termine par une élimination en demi-finales du Masters de Shanghai par une défaite face à Davydenko. Aujourd’hui quatrième mondial, Andy Murray a semé le trouble sur le circuit l’an passé et se rapproche du podium. D’ailleurs 2009 a commencé magnifiquement pour lui. Ses adversaires, qui le décrivent comme un joueur imprévisible, en ont encore eu de leur plein gré. Victorieux successivement de Blake, Federer puis Nadal, Murray a remporté la semaine dernière le tournoi-exhibition d’Abou Dhabi puis celui de Doha. Ses adversaires le savent désormais, Murray risque de faire mal cette année, voire même très mal. Malgré une nonchalance apparente qui le caractérise tellement, Murray symbolise l’insouciance de la jeunesse mais surtout de l’intelligence. D’ailleurs en regardant le parcours de l’actuel numéro trois mondial, Novak Djokovic, on se rend compte que celui de Murray l’an dernier lui est presque semblable. Après une finale aux États-Unis, une victoire en Australie comme le Serbe ? Réponse dans les prochaines semaines…
de Makram Haddad

Il y a encore quelque temps on croyait le tennis dominé par deux hommes. Aujourd’hui l’équation a changé. La saison 2008 aura marqué le renouveau de ce tennis masculin avec la confirmation de très grands talents. Symbole de cette progression, Andy Murray est déjà quatrième au classement ATP. 2009 risque sans doute d’être son année. L’Écossais de 21 ans a conservé son titre, samedi, à Doha. À une semaine de l’Open d’Australie, Murray est déjà prêt. Au point d’être l’un des favoris du grand chelem.
La Grande-Bretagne s’inquiétait : la génération Rusedski-Henman allait s’en aller et on cherchait désespérément un successeur à ces deux champions. Aujourd’hui, les Britanniques n’ont plus de soucis à se faire, il est bel et bien là. Écossais d’origine, Andy Murray...