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Actualités - Reportage

Électricité L’EDL frise la catastrophe

Fady NOUN Des pannes étaient signalées hier dans trois des grandes centrales du pays, réduisant du tiers la capacité de production énergétique du pays. La réponse structurelle à ce manque n’existe pas. Il faudra 3 à 4 jours pour réparer ces pannes. Entre-temps… d’autres peuvent se produire. Le pays vit, sur ce plan, au petit bonheur la chance. Quelque chose ne tourne pas rond à l’EDL et si, depuis des années, le Libanais a pris l’habitude de « faire avec », le risque d’une catastrophe sans précédent n’est plus aujourd’hui une vue de l’esprit. Le Liban était hier privé du tiers de sa production électrique, déjà insuffisante pour ses besoins : quatre à cinq groupes des trois principales centrales électriques du pays, Jiyé, Zouk et Zahrani, étaient en panne. De ce fait, l’énergie disponible, qui est d’environ 1 400 à 1 500 mégawatts, était des deux tiers de la production normale. L’EDL, qui a fait paraître un communiqué hier à ce sujet, a précisé que la capacité énergétique du Liban ne répond pas à ses besoins. De source fiable, on apprend que cette capacité est d’environ 1 500 mégawatts, alors que les besoins sont évalués à 2 300 mégawatts. Des besoins qui, faut-il le dire, vont en augmentant, sans compter qu’une marge de réserve devrait normalement être prévue. Résultat, un petit chaos qui s’installe, au niveau de la distribution, avec des coupures fréquentes et, surtout, imprévues. Des coupures dont le plus grand désagrément est de prendre les Libanais par surprise, en les bloquant en particulier dans les ascenseurs et en désorganisant les foyers et les commerces. Certes, l’existence de générateurs de secours, habitude qui s’est généralisée, pallie d’une certaine façon à ce manque. Toutefois, le paiement de deux factures d’électricité n’est pas à la portée de tous, d’autant que les factures d’électricité privée atteignent facilement le quintuple des factures électriques de l’EDL, du fait que l’énergie électrique officielle est subventionnée. Existe-t-il un quelconque espoir d’en sortir. Hélas, non, pour le moment, répondent les experts. Les pannes actuelles prendront entre trois et cinq jours pour être réparées, sans préjuger de celles qui pourraient survenir en cours de route, pendant que les réparations sont toujours en cours. C’est ce que les gens du métier appellent, dans leur jargon, « la loi de cumul des emmerdements ». Les experts soulignent tous que les plus vieilles centrales du Liban, celles de Zouk et de Jiyé, installées depuis 30 ans, devraient être remplacées. Celles de Zahrani et Deir Ammar, aujourd’hui opérées par une société coréenne, ont été bien mal entretenues depuis leur installation, au milieu des années 90, et leur durée de vie en a souffert. Du reste, depuis 1995, les besoins ont augmenté, alors que la production a stagné, sinon reculé en raison de l’augmentation de la fréquence des pannes, proportionnelle à l’âge des machines. Certes, le gouvernement est à la recherche de fonds pour régler ce problème. Mais l’instabilité politique, les changements de gouvernement, les hésitations au sujet de la politique de privatisation ont empêché une politique énergétique cohérente d’être adoptée. Certains vont même jusqu’à soupçonner que la maintenance des machines est si rentable pour certaines sociétés qu’elles ne changeraient de politique pour rien au monde. La lutte contre les branchements illégaux est un autre aspect du problème. Un effort louable avait été entrepris, avant 2006, pour lutter contre le pillage du courant qui, contrairement à ce que l’on croit, n’est pas le privilège d’une seule communauté. Le chaos provoqué par la guerre de juillet-août 2006 a tout compromis et les inspecteurs de l’EDL sont aujourd’hui obligés de repartir à zéro. Les cas d’inspecteurs brutalisés ou humiliés sont rapportés régulièrement dans la presse. Là comme dans d’autres domaines, une volonté politique claire et unanime est nécessaire, pour permettre le règlement des quittances d’électricité dans l’ensemble du pays.
Fady NOUN

Des pannes étaient signalées hier dans trois des grandes centrales du pays, réduisant du tiers la capacité de production énergétique du pays. La réponse structurelle à ce manque n’existe pas. Il faudra 3 à 4 jours pour réparer ces pannes. Entre-temps… d’autres peuvent se produire. Le pays vit, sur ce plan, au petit bonheur la chance.
Quelque chose ne tourne pas rond à l’EDL et si, depuis des années, le Libanais a pris l’habitude de « faire avec », le risque d’une catastrophe sans précédent n’est plus aujourd’hui une vue de l’esprit.
Le Liban était hier privé du tiers de sa production électrique, déjà insuffisante pour ses besoins : quatre à cinq groupes des trois principales centrales électriques du pays, Jiyé, Zouk et Zahrani, étaient en panne. De ce fait, l’énergie...