Offensive diplomatique arabe à l’ONU en vue d’un cessez-le-feu
L’inquiétude grandissait hier, alors que se poursuivaient les appels à une solution diplomatique au conflit entre Israël et le Hamas à Gaza.
Le président chinois Hu Jintao a fait part à son homologue américain George W. Bush de son inquiétude au sujet de la « crise humanitaire » dans la bande de Gaza dans un entretien téléphonique dimanche soir. En outre, le gouvernement japonais s’est dit « très inquiet car la violence croissante fait de nombreuses victimes civiles ». Le Premier ministre australien Kevin Rudd a pour sa part jugé « crucial » pour Israël de permettre à la population de Gaza d’accéder à ses besoins fondamentaux, nourriture, assistance humanitaire et médicale. Le Canada a appelé « la communauté internationale » à « se concerter pour faire face à la situation humanitaire », notamment pour « assurer l’accès à la nourriture, au carburant et aux fournitures médicales ». L’Australie et le Canada, comme l’Allemagne et les Pays-Bas la veille, ont souhaité hier une solution diplomatique qui mette fin aux tirs de roquettes des militants du Hamas contre l’État hébreu.
En Europe, le chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, estimant qu’il n’y avait « pas de solution militaire à la crise », a également appelé à un « cessez-le-feu immédiat ». Le Premier ministre tchèque Mirek Topolanek a indiqué, pour sa part, travailler sur un « scénario » pour parvenir au moins à « suspendre les combats ». Il en a discuté avec la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan. La Turquie a dit œuvrer à un cessez-le-feu pour mettre un terme à l’offensive militaire israélienne à Gaza qui devrait impliquer une mission d’observateurs internationale. M. Erdogan a accusé Israël d’avoir « provoqué » le mouvement islamiste Hamas dans la bande de Gaza. Le Conseil des Églises chrétiennes (catholique, protestante et orthodoxe) de France a lui aussi appelé à « un cessez-le-feu immédiat » entre Gaza et Israël, encourageant tous les efforts diplomatiques en ce sens.
Les présidents russe Dmitri Medvedev et palestinien Mahmoud Abbas ont appelé à « un cessez-le-feu immédiat » dans la bande de Gaza, au cours d’un entretien téléphonique, selon le Kremlin. La Russie est membre du quartette pour le Proche-Orient aux côtés de l’UE, de l’ONU et des États-Unis, et dispose d’un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies.
La ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni a rejeté hier les appels de diplomates européens en visite à Jérusalem à un cessez-le-feu immédiat à Gaza, soulignant qu’Israël était déterminé à « changer la donne dans la région ».
Parallèlement, le président syrien Bachar el-Assad a exhorté hier l’influent dignitaire sunnite Youssef al-Qardaoui, qui dirige l’Union internationale des ulémas musulmans, « à assumer ses responsabilités en mobilisant les peuples arabes et musulmans pour qu’ils apportent leur aide au peuple palestinien résistant » à Gaza. L’émir du Qatar, cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, a quant à lui appelé à la tenue d’un sommet arabe extraordinaire consacré à « l’agression » israélienne contre la bande de Gaza, qu’il a qualifiée de « crime de guerre ». De son côté, l’Arabie saoudite a dénoncé le silence de la communauté internationale.
La Mauritanie, un des rares pays de la Ligue arabe à avoir des relations avec l’État hébreu, a « décidé de rappeler son ambassadeur en Israël ». Depuis plusieurs jours, des milliers de manifestants exigeaient de Nouakchott la rupture des relations diplomatiques entre les deux pays, établies en 1999.
Offensive à l’ONU
Parallèlement, les États arabes ont entamé hier une offensive diplomatique à l’ONU pour obtenir le plus tôt possible un cessez-le-feu durable à Gaza. Pour y parvenir, ils comptent déposer au Conseil de sécurité un nouveau projet de résolution, espérant qu’il ne se heurtera pas à l’opposition de Washington, soutien traditionnel d’Israël. Hier, le président américain George W. Bush a réitéré sa position, selon laquelle tout cessez-le-feu doit comporter des conditions pour empêcher le Hamas de lancer des roquettes sur Israël.
Premier arrivé au siège de l’ONU à New York hier matin, le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riad al-Malki, a indiqué à la presse qu’il était mandaté par le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, pour « commencer à préparer ce nouveau projet de résolution ». Il a indiqué espérer que ce projet pourra être adopté dès aujourd’hui, lors d’une réunion du Conseil au niveau ministériel. Le texte appellera non seulement à la fin immédiate des hostilités, mais aussi à établir les conditions d’un retour durable au calme dans la bande de Gaza. M. Malki devait se réunir avec une délégation de ministres arabes des Affaires étrangères dirigée par le Saoudien Saud al-Fayçal. Cette délégation devait comprendre les ministres égyptien, jordanien, libanais, libyen, marocain, qatari, syrien, ainsi que le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa. M. Abbas est, quant à lui, attendu à l’ONU aujourd’hui.
Sur un autre plan, hier, des centaines d’Afghans ont manifesté à Mihtarlam, à 90 km à l’est de Kaboul, et Kandahar (Sud), une centaine de personnes à Bruxelles et environ 200 à Bangkok pour dénoncer l’offensive à Gaza. Enfin, cinquante membres des Frères musulmans ont été arrêtés, portant à 400 le nombre d’islamistes incarcérés pour avoir manifesté contre la guerre à Gaza, a-t-on appris auprès de la confrérie et des services de sécurité. Les islamistes avaient essayé de se rassembler dans la matinée place Tahrir, dans le centre du Caire, mais la police antiémeute les en avait empêchés, a affirmé à l’AFP un responsable de la sécurité.
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