Le Sri Lanka s’est militairement emparé hier de Kilinochchi, la « capitale » politique des rebelles tamouls dans le nord du pays. « C’est une victoire sans précédent pour l’ensemble de la nation », a proclamé le président sri lankais Mahinda Rajapakse dès l’annonce de la chute de Kilinochchi après des mois de combats acharnés entre les Tigres de libération de l’Eelam tamoul (LTTE) et les troupes de Colombo. « Pour la dernière fois, je dis aux LTTE de déposer les armes et de se rendre », a-t-il martelé, fort de ce terrible revers infligé à l’insurrection tamoule. Les Tigres ont reconnu avoir perdu Kilinochchi. « L’armée du Sri Lanka est entrée dans une ville fantôme car toute l’infrastructure civile et le quartier général des LTTE se sont déplacés vers le nord-est », ont déclaré les indépendantistes tamouls sur leur site Tamilnet.
Un attentat-suicide, que la police leur a imputé, a fait deux morts devant une base de l’armée de l’air dans la capitale Colombo, à 330 km au sud.
La prise de Kilinochchi consacre une offensive lancée dans le plus grand secret en mars 2007, rendue publique ces dix derniers mois et couronnée par un dernier coup de boutoir ces dernières semaines, s’est félicité le chef de l’armée de terre, le général Sarath Fonseka. « Cela ne prendra pas (plus) d’une année pour les achever, pour les éliminer », a proclamé l’officier en affirmant que 1 500 Tigres avaient été tués depuis mars.
Les bilans de pertes humaines sont invérifiables : l’accès au front septentrional est interdit à la presse ou aux organisations humanitaires.
Bien que les LTTE soient considérés comme une organisation « terroriste » par les États-Unis et l’Union européenne, des agences des Nations unies et des organisations humanitaires étrangères avaient encore un pied à Kilinochchi jusqu’en septembre 2008, date de leur retrait sous la pression de Colombo.
Il reste aux Tigres une zone de 40 km de long sur 40 km de large dans le département côtier de Mullaittivu, abritant des infrastructures militaires, a admis l’armée. Mais en perçant les dernières poches de la résistance, le Sri Lanka espère ainsi démanteler le « mini-État » tamoul dans le nord.
Toutefois, la prise de localités tamoules symboles, comme Kilinochchi, ne signe pas la fin des Tigres. Mais elle constitue une défaite cuisante après presque quatre décennies de conflit séparatiste -la plus longue guerre en cours en Asie- dans cette île de 20 millions d’habitants située au sud-est de l’Inde et qui fut colonie britannique jusqu’en 1948.
Depuis 1972, les Tigres tamouls, hindouistes, se battent pour l’indépendance du nord et du nord-est du Sri Lanka, un pays peuplé à 75 % de Cinghalais bouddhistes. Au moins 70 000 personnes ont été tuées depuis le début du conflit.
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