« Israël sera puni en cas d’attaque au sol », avertit Mechaal.
Plus d’une trentaine de raids ont été menés hier par les avions israéliens, dont l’un a tué trois enfants qui jouaient à l’extérieur de leur maison près de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. D’après un bilan fourni par le chef des services d’urgence à Gaza, Mouawiya Hassanein, 430 Palestiniens ont été tués et quelque 2 500 blessés depuis le 27 décembre, début de l’opération « Plomb durci » visant à contraindre le Hamas à stopper les tirs de roquettes sur Israël. Parmi eux figurent des dizaines de civils, dont 65 enfants « de moins de 16 ans », selon le Dr Hassanein. Un autre raid a visé la maison d’un chef des Brigades Ezzedine al-Qassam, dans le centre du Territoire, ont dit des témoins sans faire état de victime. Le Hamas a proclamé vendredi « journée de la colère » après la mort, jeudi dans la bande de Gaza, d’un de ses dirigeants, Nizar Rayan, dans un raid aérien qui a aussi coûté la vie à ses quatre épouses et à 11 de ses enfants. Partisan de la reprise des attentats-suicide contre Israël, Rayan, le responsable de plus haut rang tué depuis samedi dernier, était un prédicateur influent de la « mosquée des martyrs » de Jabaliah, détruite quelques heures plus tard par l’armée israélienne, qui la tenait pour un poste de commandement et un dépôt d’armes des activistes. « Le terrorisme, les massacres et l’holocauste ne nous briseront pas et ne nous contraindront pas à hisser le drapeau blanc. Le meurtre appelle le meurtre, et la destruction appelle la destruction », a affirmé un responsable islamiste, Ismaïl Roudwane.
À Jérusalem-Est occupée, où la police israélienne a déployé d’importants renforts et limité l’accès à l’esplanade des Mosquées, près de 3 000 fidèles ont prié dans le calme. Des heurts entre lanceurs de pierres palestiniens et police israélienne ont toutefois éclaté après les prières dans plusieurs quartiers, selon un photographe de l’AFP.
Des manifestations ont également eu lieu en Cisjordanie à l’appel de mouvements palestiniens, notamment du Hamas. À Ramallah, siège de l’Autorité palestinienne, des milliers de manifestants encadrés par un important dispositif de sécurité ont défilé après la grande prière du vendredi. Brandissant des drapeaux palestiniens et du Fateh, le parti du président Mahmoud Abbas, ainsi que plusieurs bannières du Hamas rival, les participants scandaient « Nous sommes prêts à sacrifier notre âme et notre sang pour Gaza. » Ils ont aussi crié des slogans de soutien au Hamas, appelant « à frapper Tel-Aviv ».
« À mort Israël ! » ont scandé des dizaines de milliers d’islamistes à travers le monde musulman après la grande prière hebdomadaire du vendredi, de Kaboul à Istanbul, en passant par Ramallah, Bombay, Srinagar, Hyderabad, Le Caire ou Amman. En Égypte et en Jordanie, deux pays qui entretiennent des relations diplomatiques avec Israël et où l’opposition islamiste progresse, des heurts ont eu lieu entre police et manifestants, qui exigeaient la suspension ou la rupture des liens avec l’État hébreu.
En Israël, le Premier ministre Ehud Olmert, et les ministres des Affaires étrangères Tzipi Livni et de la Défense Ehud Barak tenaient des consultations en soirée à Tel-Aviv sur la suite à donner à l’offensive à Gaza, où une opération terrestre semble de plus en plus imminente. L’Égypte a annoncé avoir adressé une lettre à Israël lui demandant de renoncer à une telle opération. À Washington, la Maison-Blanche a estimé que cette décision appartenait « aux Israéliens ». Auparavant, la secrétaire d’État Condoleezza Rice avait prôné un cessez-le-feu « le plus vite possible », mais souligné qu’il devait être « durable » et ne pas permettre un retour au « statu quo ».
De son côté, le chef en exil du Hamas, Khaled Mechaal, a affirmé hier que son mouvement « ne capitulera pas » face aux opérations israéliennes dans la bande de Gaza, et prévenu qu’un « destin sombre » attendait ses ennemis en cas d’offensive terrestre, sur la chaîne satellitaire al-Jazira. « Vous nous avez imposé la guerre. Nous vous disons que nous sommes prêts, que le Hamas n’a rien perdu de ses capacités militaires et que nous vaincrons », a dit M. Mechaal, s’adressant aux dirigeants israéliens.
Les efforts diplomatiques internationaux pour aboutir à une trêve se poursuivent sans relâche. Le Premier ministre turc Tayyip Erdogan, qui s’est engagé dans une tentative de médiation pour obtenir une trêve à Gaza, est attendu aujourd’hui à Riyad après avoir rencontré les présidents syrien, palestinien et égyptien, ainsi que le roi de Jordanie.
À Paris, le président Nicolas Sarkozy a poursuivi hier ses consultations en vue de sa tournée au Proche-Orient, lundi et mardi, après avoir reçu la veille la ministre israélienne des Affaires étrangères, Tzipi Livni. Cette dernière a réitéré son refus d’une trêve immédiate, mais estimé que l’offensive militaire israélienne avait d’ores et déjà porté ses fruits et que la tournée du chef de l’État français pourrait contribuer à une solution durable à la crise de Gaza.
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Plus d’une trentaine de raids ont été menés hier par les avions israéliens, dont l’un a tué trois enfants qui jouaient à l’extérieur de leur maison près de Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza. D’après un bilan fourni par le chef des services d’urgence à Gaza, Mouawiya Hassanein, 430 Palestiniens ont été tués et quelque 2 500 blessés depuis le 27 décembre, début de l’opération « Plomb durci » visant à contraindre le Hamas à stopper les tirs de roquettes sur Israël. Parmi eux figurent des dizaines de civils, dont 65 enfants « de moins de 16 ans », selon le Dr Hassanein. Un autre raid a visé la maison d’un chef des Brigades Ezzedine al-Qassam, dans le centre du Territoire, ont dit des témoins sans faire état de...