Rechercher
Rechercher

Actualités - Chronologie

Perspective Le Liban, pays des exceptions, nagera à contre-courant en 2009

Bachir EL-KHOURY Au moment où plusieurs pays du monde sont déjà entrés en récession, le Liban affichera une croissance de 6 % en 2009… à condition que la stabilité politique se maintienne. Alors que le monde est plongé dans une crise financière et économique, la plus aiguë depuis 1929, le Liban semble nager à contre-courant. Selon une analyse publiée dans le Lebanon Brief, le bulletin économique hebdomadaire de la BlomInvest, le pays enregistrera en 2008 son plus grand taux de croissance depuis la fin de la guerre, alors que les économies développées connaissent leur pire récession depuis des décennies. La croissance du PIB, qui a connu une hausse de 7,5 % en 2007, devrait atteindre 8 % en 2008, le taux le plus élevé depuis 1990, et de 6 % en 2009. Même si l’année à venir s’annonce morose pour l’économie mondiale, elle pourrait bien s’avérer l’une des meilleures pour l’économie libanaise, à condition que la stabilité politique se maintienne. Certains analystes estiment cependant que le Liban fera tôt ou tard les frais de la crise internationale. Les Libanais expatriés dans le monde, en particulier dans les pays du Golfe, seront inévitablement touchés par la crise, certains étant susceptibles de perdre leur emploi. Les transferts de fonds aux nationaux devraient ainsi diminuer et il pourrait y avoir une pression à la baisse sur les salaires sur le marché libanais. La chute des prix du pétrole devrait aussi réduire les dépenses des investisseurs et des touristes du Golfe. Enfin, les exportations libanaises pourraient connaître un ralentissement avec la diminution de la demande dans les économies des principaux partenaires commerciaux. Cependant, selon un autre scénario, les dépenses touristiques et les investissements directs étrangers (IDE) pourraient croître en 2009 pour les raisons suivantes : d’abord, le Liban demeure une des destinations touristiques les moins chères dans la région et le nombre de touristes en 2009 devrait dépasser celui de 2008. L’accord de Doha ainsi que l’élection d’un nouveau président avaient déjà dopé le nombre de touristes au second semestre de 2008, une tendance qui devra se poursuivre en 2009, si le climat politique reste stable. Ensuite, les IDE devraient connaître une croissance malgré la baisse générale des investissements étrangers dans le monde grâce au statut de pays refuge pour les investissements arabes dont bénéficie le Liban, notamment à l’ombre d’un secteur immobilier en plein essor, un secteur des services de bonne performance, ainsi qu’un secteur industriel de plus en plus compétitif, depuis la chute importante des cours de pétrole, le prix du baril évoluant aujourd’hui en dessous de 40 dollars. Dans ce contexte, le Liban semble être un des rares pays à pouvoir s’en sortir indemne de cette crise. Son secteur bancaire n’a toujours pas été affecté, et les grands investisseurs semblent de plus en plus intéressés par le marché libanais. La récente hausse de la perspective de notation sur la dette souveraine et les banques privées de « stable » à « positif » par l’agence Moody’s, au moment où les perspectives de notations sont revues à la baisse dans la plupart des marchés étrangers, ne fera que stimuler davantage l’appétit des investisseurs internationaux pour le marché local, estime enfin le bulletin économique de la BlomInvest.
Bachir EL-KHOURY


Au moment où plusieurs pays du monde sont déjà entrés en récession, le Liban affichera une croissance de 6 % en 2009… à condition que la stabilité politique se maintienne.

Alors que le monde est plongé dans une crise financière et économique, la plus aiguë depuis 1929, le Liban semble nager à contre-courant. Selon une analyse publiée dans le Lebanon Brief, le bulletin économique hebdomadaire de la BlomInvest, le pays enregistrera en 2008 son plus grand taux de croissance depuis la fin de la guerre, alors que les économies développées connaissent leur pire récession depuis des décennies. La croissance du PIB, qui a connu une hausse de 7,5 % en 2007, devrait atteindre 8 % en 2008, le taux le plus élevé depuis 1990, et de 6 % en 2009.
Même si l’année à venir s’annonce morose pour...