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Actualités - Opinion

Texto Euphories

de Lélia Mezher Lorsque vient le moment des bilans, la tentation est forte de ne pas regarder les choses bien en face. En cette fin d’année, et alors que vient de se tenir la reunion nationale de dialogue tant attendue, il est inconstestablement l’heure de faire l’inventaire, implacable et objectif, d’une année difficile et dure sous bien d’aspects. Contre toute attente, la balance n’est pas négative. Éviter une guerre civile, même de justesse, même après en être venus aux armes, n’est pas négligeable. Une présidence de la République dignifiée, un Conseil des ministres qui se remet sur les rails et un Parlement qui se secoue de sa léthargie : même induits par l’extérieur, ces progrès ne peuvent pas être négligeables. Ce sont des institutions entières qui ont été ramenées à la vie, et rien que pour cela, les dirigeants actuels peuvent être remerciés. Après le Conseil constitutionnel, peut-être que la stratégie de défense pourra trouver une issue heureuse, fondée sur le respect du pouvoir légal et l’intérêt supérieur du Liban. Rien que ça... C’est en gardant tout cela à l’esprit que les responsables devront s’armer d’espoir pour aborder l’année qui arrive et les pages encore blanches de l’histoire du Liban. Tant de pages qu’il faudra écrire. Du mieux qu’ils le peuvent. Le défi reste certes de taille, le défi se ressent même dans les rues de la capitale, dans cette ambiance de fêtes qui, malgré tout – les Libanais en ont tellement vu d’autres... –, demeure présente dans cette ville qui réussit à demeurer joyeuse envers et contre tous. L’espoir. Un grand mot pour – aujourd’hui du moins – bien peu de choses. L’espoir du Libanais moyen se limite à recevoir l’électricité dans son foyer 24h sur 24, voire à l’amélioration de la sécurite routière. Pour le reste, tout le reste – les jeunes ne le savent que trop bien –, la précarité est reine. Elle reste reine, malgré les fêtes, malgré Noël, la fête de l’Hégire, le Nouvel An et Achoura, malgré la chaleur du foyer retrouvé après le froid de l’exil et le travail acharné outre-mer. La précarité et l’avenir sombre, sinon, au mieux, incertain, pousseront une nouvelle fois les expatriés à retrouver les chemins de l’étranger, une fois l’euphorie festive retombée. C’est à eux qu’il faudra penser d’abord, lorsque le 2 janvier, au matin, les politiciens et autres responsables de ce pays se remettront au travail. À eux, mais aussi à ceux qui ont decidé de revenir et d’investir, non pas uniquement leur argent, mais aussi leur vie parce que « c’est là et nulle part d’ailleurs » qu’ils ont décidé de donner leur énergie et d’être actifs. Bref, de vivre.
de Lélia Mezher

Lorsque vient le moment des bilans, la tentation est forte de ne pas regarder les choses bien en face. En cette fin d’année, et alors que vient de se tenir la reunion nationale de dialogue tant attendue, il est inconstestablement l’heure de faire l’inventaire, implacable et objectif, d’une année difficile et dure sous bien d’aspects.
Contre toute attente, la balance n’est pas négative. Éviter une guerre civile, même de justesse, même après en être venus aux armes, n’est pas négligeable. Une présidence de la République dignifiée, un Conseil des ministres qui se remet sur les rails et un Parlement qui se secoue de sa léthargie : même induits par l’extérieur, ces progrès ne peuvent pas être négligeables. Ce sont des institutions entières qui ont été ramenées à la vie, et rien que...