de Fady Noun
En évoquant en tête de son message de Noël, dans sa partie nationale, le cortège des martyrs de la nouvelle indépendance, le patriarche maronite souligne que cette cause n’est pas morte, qu’elle n’appartient pas au passé, mais au présent et à l’avenir. Que la cause du tribunal international est actuelle, que cette page n’est pas encore tournée, même si certains souhaitent qu’elle le fût. Rafic Hariri, Bassel Fleyhane, Samir Kassir, Georges Haoui, Gebran Tuéni, Pierre Gemayel, Antoine Ghanem, Wissam Eid, François Hajj ne doivent pas être morts en vain – ni Marwan Hamadé, Élias Murr et May Chidiac stigmatisés. Il faut tirer au clair l’identité du commanditaire de ces assassinats en série, de ces exécutions de masse, de cette élimination rationnelle et méthodique d’une élite politique et intellectuelle. En cette fête de Noël, qu’une partie de nos pensées aille vers leurs proches, vers ceux qui ressentent le plus violemment la morsure de l’absence.
En outre, et c’est probablement la partie la plus surprenante du message, le patriarche a mis le doigt sur la faiblesse principale de l’accord de Doha, qui a instauré un gouvernement à deux têtes, nouveau monstre qui régit nos institutions. Il a reparlé de l’alternance comme du mode le plus rationnel de gouvernement. La démocratie, laisse-t-il entendre, est dans l’alternance, dans la règle de la majorité et de l’opposition, et non pas de leur amalgame forcé au sein de l’Exécutif.
Le patriarche est-il de parti pris, comme on l’en accuse ? Pensons plutôt que Bkerké est le meilleur observatoire qui soit de la vie politique et que les confidences qui s’y font par dizaines, mois après mois, donnent au patriarche une hauteur de vue exceptionnelle, qui le met en mesure de juger objectivement de ce qui se passe dans le pays, de ses points forts et de ses faiblesses.
Dans son message, il parle du mépris avec lequel les Libanais se parlent comme d’un phénomène étranger à nos mœurs. Peut-être à nos mœurs, mais certainement pas à la nature humaine déchue que nous avons en partage. Sur ce plan, nous ne sommes pas plus avancés que l’hominidé de la préhistoire, ou disons l’homme des cavernes. Il y a encore assez de barbarie en nous pour mille autres guerres civiles. N’était Noël.
En évoquant en tête de son message de Noël, dans sa partie nationale, le cortège des martyrs de la nouvelle indépendance, le patriarche maronite souligne que cette cause n’est pas morte, qu’elle n’appartient pas au passé, mais au présent et à l’avenir. Que la cause du tribunal international est actuelle, que cette page n’est pas encore tournée, même si certains souhaitent qu’elle le fût. Rafic Hariri, Bassel Fleyhane, Samir Kassir, Georges Haoui, Gebran Tuéni, Pierre Gemayel, Antoine Ghanem, Wissam Eid, François Hajj ne doivent pas être morts en vain – ni Marwan Hamadé, Élias Murr et May Chidiac stigmatisés. Il faut tirer au clair l’identité du commanditaire de ces assassinats en série, de ces exécutions de masse, de cette élimination rationnelle et méthodique d’une élite...
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