Olmert à Ankara pour remercier la Turquie pour la médiation israélo-syrienne.
Le président syrien Bachar el-Assad a affirmé hier que son pays pourrait engager des négociations de paix directes avec Israël basées sur les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, lors d’une conférence de presse avec son homologue croate Stipe Mesic. M. Assad a estimé qu’ « il était normal que (la Syrie et Israël) passent ultérieurement au stade des négociations directes, la paix ne pouvant se réaliser par des négociations indirectes uniquement ». « Si les négociations indirectes réussissent, les discussions directes réussiront elles aussi et la paix se réalisera naturellement », a-t-il ajouté. « Il est essentiel d’appliquer les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU » liées au conflit israélo-arabe, a en outre ajouté le président Assad. Les résolutions 242 et 338 appellent Israël à se retirer des territoires arabes occupés à l’issue de la guerre israélo-arabe de 1967. Il est également important d’ « activer le rôle de l’Europe » dans le processus de paix.
Parallèlement, le Premier ministre israélien Ehud Olmert a rencontré hier soir à Ankara son homologue turc Recep Tayyip Erdogan pour des discussions axées sur les négociations de paix indirectes engagées entre Israël et la Syrie par l’intermédiaire de la Turquie. De source diplomatique turque, on précise que le Premier ministre démissionnaire effectue sa visite de quelques heures dans la capitale turque pour, d’une certaine manière, « remercier » les dirigeants turcs de leurs démarches en faveur d’une éventuelle paix entre Israël et la Syrie. En effet, des négociateurs israéliens et syriens se sont rencontrés, à quatre reprises depuis mai, par l’entremise de diplomates turcs à Istanbul sans cependant parvenir à des résultats probants. Cette médiation turque illustre la volonté d’Ankara de jouer un rôle accru dans le règlement des conflits au Proche-Orient. Le conseiller en chef du Premier ministre turc, le professeur Ahmad Davutoglu, qui a rang d’ambassadeur, s’est plusieurs fois rendu dans les capitales syrienne, israélienne, palestinienne et arabes pour tâter le terrain et voir si les conditions d’une négociation étaient réunies. Ces dernières années, sans renoncer à ses relations privilégiées avec Israël, la Turquie, pays musulman mais laïc, a manifesté beaucoup plus d’intérêt pour la région. Au risque de déplaire à Washington, elle a tissé des liens nouveaux avec la Syrie et avec l’Iran. Avant même son déplacement à Ankara, le chef de l’opposition de droite israélienne, Benjamin Netanyahu, et d’autres dirigeants politiques de différentes tendances lui ont dénié vendredi le droit de négocier un accord de paix avec la Syrie.
Avant de recevoir M. Olmert, M. Erdogan s’était entretenu au téléphone avec le leader du mouvement islamiste palestinien Hamas pour évoquer la situation à Gaza et des questions humanitaires, a indiqué l’agence de presse semi-officielle Anatolie.
M. Olmert a également été reçu par le chef de l’État Abdullah Gül. Il devait ensuite regagner Israël.
Israël et la Syrie sont en état de belligérance depuis la première guerre israélo-arabe de 1948. La Syrie réclame en échange de la paix la restitution totale du plateau du Golan jusqu’aux rives du lac de Tibériade, principale réserve d’eau douce d’Israël, ce qu’Israël a toujours refusé. Israël pour sa part réclame de la Syrie qu’elle rompe ses liens privilégiés avec le régime de Téhéran et cesse tout appui au Hezbollah libanais et au Hamas palestinien.
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Le président syrien Bachar el-Assad a affirmé hier que son pays pourrait engager des négociations de paix directes avec Israël basées sur les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU, lors d’une conférence de presse avec son homologue croate Stipe Mesic. M. Assad a estimé qu’ « il était normal que (la Syrie et Israël) passent ultérieurement au stade des négociations directes, la paix ne pouvant se réaliser par des négociations indirectes uniquement ». « Si les négociations indirectes réussissent, les discussions directes réussiront elles aussi et la paix se réalisera naturellement », a-t-il ajouté. « Il est essentiel d’appliquer les résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU » liées au conflit...