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Réaction L’attrait des produits structurés

En réponse à l’article de Ghada Abou Jaoudé et du Dr Jean-Paul Minquet publié le 17 décembre sous le titre « Le risque des produits structurés », il est nécessaire de clarifier certains points indispensables à une bonne compréhension des produits structurés dans leur ensemble. Tout d’abord, l’article confond les produits structurés dans leur ensemble et les dérivés de crédit (FTD, CDOs,…). Ce que l’article décrit et dénonce – à raison – est le risque lié exclusivement à certains dérivés de crédit qui ne représentent toutefois qu’une petite catégorie de l’univers si vaste des produits structurés. En effet, l’article décrit parfaitement le mécanisme et le risque de ces dérivés de crédit mais commet l’erreur de les présenter sous le label des « produits structurés » dont ils ne forment qu’une simple catégorie. En affirmant que « les investisseurs n’étaient pas conscients des risques lorsqu’ils ont acheté les produits structurés », les auteurs se permettent également une généralisation qui nuit à l’ensemble de la famille des produits structurés, d’autant plus qu’ils ne font nul mention des autres types de produit structurés parfaitement transparents et sûrs. Dans ce sens, les investisseurs doivent impérativement avoir recours à un expert financier ou à une banque spécialisée qui les aidera à distinguer les bons produits des mauvais. Que dire par exemple des produits à capital garanti qui étaient exposés aux indices boursiers mais qui, du fait de leur protection, n’ont pas subi la forte chute des marchés ? N’ont-ils pas répondu pleinement à leur fonction en protégeant les investisseurs contre la baisse ? Mieux encore, que dire des produits qui prenaient en compte un scenario de baisse des marchés et qui ont procuré de ce fait un rendement positif même dans un tel environnement ? Cet article dénonce l’ensemble des produits structurés du fait du risque lié aux dérivés de crédit. De même, l’article dénonce l’activité des agences de notation dans son ensemble du fait qu’elles ont commis des erreurs d’évaluation du risque lié aux dérivés de crédit. Or les agences de notation sont surtout spécialisées dans la notation des obligations où elles détiennent un historique très honorable puisque le taux de défaut des obligations bien notées s’est toujours avéré très faible. À titre d’exemple, sur la période allant de 1981 à 2007, le taux de défaut des sociétés classées AAA, AA, et A au cours des 5 années suivant leur notation n’a été que de 0,3 % en moyenne (source S&P Default Study 2007). Insinuer que les agences de notation trompent les investisseurs en raison du conflit d’intérêt du fait qu’elles sont rétribuées par les émetteurs est une grave accusation. Si les agences de notation ont effectivement péché, c’est surtout par négligence et par manque d’évaluation précise des risques liés aux dérivés de crédit uniquement. Le conflit d’intérêt mentionné dans l’article existe également pour les obligations. Or celles-ci ont en général toujours été correctement évaluées car les agences sont conscientes qu’il en va de leur réputation et de leur viabilité à long terme de respecter une totale objectivité. En définitive, passer à côté du potentiel extraordinaire des produits structurés qui offrent d’innombrables possibilités aux investisseurs d’adapter leur stratégie en fonction de leur vision des marchés, de doper leur performance à travers des effets multiplicateurs ou de réduire leur risque grâce à des mécanismes de protection, c’est passer à côté d’opportunités uniques de prendre, en toute transparence, des positions bien réfléchies sur des marchés bien définis. Charles NAJJAR, MBA - HEC
En réponse à l’article de Ghada Abou Jaoudé et du Dr Jean-Paul Minquet publié le 17 décembre sous le titre « Le risque des produits structurés », il est nécessaire de clarifier certains points indispensables à une bonne compréhension des produits structurés dans leur ensemble. Tout d’abord, l’article confond les produits structurés dans leur ensemble et les dérivés de crédit (FTD, CDOs,…). Ce que l’article décrit et dénonce – à raison – est le risque lié exclusivement à certains dérivés de crédit qui ne représentent toutefois qu’une petite catégorie de l’univers si vaste des produits structurés. En effet, l’article décrit parfaitement le mécanisme et le risque de ces dérivés de crédit mais commet l’erreur de les présenter sous le label des « produits structurés » dont ils ne...