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Sureality show

Comme d’habitude, le passé a rattrapé le général Aoun. À défaut d’être constructif, il mise toujours sur sa capacité de nuisance. De la triste guerre de la Montagne à la sempiternelle ritournelle de la corruption étatique, c’est ce passé qui servira de pierre d’achoppement de la propagande préélectorale aouniste. Aux esprits oublieux comme aux âmes les mieux intentionnées, il s’assure que les blessures se ravivent et que les flammes rejaillissent de sous les cendres. Pire, au mea culpa de ses rivaux politiques, il répond par invectives et méprises. Contrairement aux allusions du général, nous ne sommes pas incultes et moins encore candides. Nous sommes tout à fait conscients que ni son périple syrien n’est comparable à celui de De Gaulle en Allemagne, ni qu’un aveu, tout solennel soit-il, ne blanchit un homme. Sauf qu’il faut démarrer de quelque part, pour panser nos blessures, et qu’une autocritique collective est un premier pas, nécessaire bien qu’insuffisant, pour nous sortir de notre tragédie. Un seul leitmotiv aounien : ressasser encore et encore les erreurs des uns et des autres comme s’il lévitait, pour reprendre son expression, au-dessus de toute dérive humaine. Nous vivons une nouvelle ère qui fera date dans l’histoire de l’humanité. Après le géocentrisme de l’Antiquité, suivi de l’héliocentrisme du XVIe siècle, l’ère du nombrilisme aounien s’est épanouie un 7 mai 2005. Depuis le retour du demi-dieu, il juge comme à la fin des temps et menace des pires châtiments les apostats de la période orange. Se méprenant, abusivement, tantôt sur de Gaulle qui, contrairement à notre cher général, rendit visite à une Allemagne vaincue et occupée par l’armée française, tantôt sur la femme de César, au-dessus de tout soupçon, aujourd’hui, comble d’ironie, nous avons droit à un saint Paul qui se ressource au berceau du christianisme, la Syrie, alors que , selon les Actes des Apôtres, c’est à Antioche, dans le sud-est de la Turquie, que les disciples reçurent pour la première fois le nom de chrétiens. D’ici peu, prendra-t-il peut-être le chemin du Golgotha, tout comme le Christ, pour laver le péché du genre libanais ? À nous, ignares en matière d’histoire, le général a expliqué magistralement, pour stimuler le diable communautariste, qu’il redorait le blason ébréché des chrétiens d’Orient, et par la même occasion et selon ses écritures, accomplissait ce qui avait été dit, à savoir les meilleurs relations avec le voisin syrien dès son retrait du Liban. Sauf que le général a occulté, comme à l’accoutumée, une de ses mémorables contre-paraboles accusant le pouvoir syrien de dessein de miner le territoire libanais, à la fin du repli du dernier soldat officiel assadiste, d’une arrière-garde traître pour déstabiliser le pays. Trêve d’élucubrations vaticinatrices. On ne peut prétendre connaître quelque peu l’histoire si on dénigre la sienne. Pas plus tard qu’hier, le général Aoun pointait un doigt calomniateur sur l’arsenal de la Résistance islamique au Liban, le plaçait sous le commandement de la République islamique iranienne et saluait haut et fort la démocratie de Bush qui avalisait le Syria Accountability Act. Mais quels que soient les tenants et aboutissants des tergiversations politiciennes, elles ne doivent en aucun cas nous dérouter. Un seul but devrait rester dans notre ligne de mire, bien avant toute réforme et changement, celui de s’inscrire en faux au sujet du surarmement pléthorique des partis libanais qui rendront, par la force des choses, désuets tous nos désirs rénovateurs même les plus aounistes. Dr Joseph MANTOURA
Comme d’habitude, le passé a rattrapé le général Aoun. À défaut d’être constructif, il mise toujours sur sa capacité de nuisance. De la triste guerre de la Montagne à la sempiternelle ritournelle de la corruption étatique, c’est ce passé qui servira de pierre d’achoppement de la propagande préélectorale aouniste. Aux esprits oublieux comme aux âmes les mieux intentionnées, il s’assure que les blessures se ravivent et que les flammes rejaillissent de sous les cendres. Pire, au mea culpa de ses rivaux politiques, il répond par invectives et méprises. Contrairement aux allusions du général, nous ne sommes pas incultes et moins encore candides. Nous sommes tout à fait conscients que ni son périple syrien n’est comparable à celui de De Gaulle en Allemagne, ni qu’un aveu, tout solennel soit-il, ne blanchit...