Noël c’est dans 10 jours. Plus que 10 jours avant la grande liesse. Avant le grand saut dans les cascades de cadeaux, le saut dans l’effervescence des Playmobils, des Barbies et autres Dora, Cars, Batman et Hannah Montana. Dix jours avant l’overdose de foie gras, le trop-plein de chocolats et la 33e buche immonde au goût de marrons de synthèse… 10 jours… On en a déjà la nausée. La nausée des emballages, la nausée des embouteillages, la nausée des étalages. On a la nausée parce qu’on n’en peut plus. Courir les rayons, râler dans les embouteillages, chercher le cadeau idéal, la cravate, le DVD, le pull qu’il faut… bercés par ces sempiternelles chansons de Noël, entre un Jordy criard – mais qui écoute encore Jordy à part les parents de Jordy, car même Jordy ne peut plus s’entendre –, un vieux Boney M. grésillant et une Mariah Carey sirupeuse ? Faire une liste, cocher la liste, raturer la liste, refaire la liste, perdre la liste. Choisir un jouet, prendre le jouet, reposer le jouet, puis finalement s’entre-tuer avec une bonne femme qui voulait le même. Faire la queue pour arriver au mall, faire la queue pour entrer dans le mall, faire la queue pour trouver une place, faire la queue pour payer, faire la queue pour emballer et refaire la queue parce qu’un des Batman en plastique a sonné à la sortie et que le vigile vous a sommé de revenir en arrière, tel un voleur pris en flagrant délit. Rouspéter, râler, s’énerver parce que les enfants qui regardent TiJi toute la sainte journée vous ont demandé 350 trucs et que le seul cadeau qu’ils voudraient vraiment avoir est Splash la Baleine. Indisponible au Liban. Rerouspéter, rerâler, re-s’énerver parce qu’allez expliquer à un gosse de 4 ans que papa Noël risque de ne pas trouver Splash la Baleine. Elle est là cette foutue nausée, parce qu’une des six guirlandes lumineuses du sapin a pété et qu’il faut essayer de tout arranger sans foutre en l’air la déco de l’arbre, que les chocolats ont fondu – normal ils étaient posés sur le chauffage – et que vous n’arrivez plus à trouver de marrons en conserves pour votre dinde du 24 que quasiment personne ne touchera pour cause de saturation de foie gras et autres blinis au saumon… Plus que 10 jours avant de voir avec vos gosses le 22e père Noël de la saison (mal fagoté, avec des Converse aux pieds), lors d’un des ces énièmes goûters de Noël où tous les convives ont rapporté des « joujoux par milliers » à leurs
mioches.
Vous est-il arrivé récemment de croiser quelqu’un heureux que ce soit Noël ? Quelqu’un heureux de faire ses achats ? Heureux de faire la queue aux caisses des grands magasins ? Heureux de dépenser un œil sur une maison de poupée qui finira à la cave dans quelques mois ? Vous est-il arrivé d’entendre des mots sympathiques sur cette période de l’année ? Vous est-il arrivé dernièrement de penser à la magie de Noël ? La vraie magie de Noël. Pas celle que l’on croit rencontrer lors d’une de ces innombrables soirées de récolte de fonds pour telle ou telle association et où les gens ont sorti leurs chéquiers devant leurs voisins de table ébahis par tant de générosité… La vraie magie de Noël. Existe-t-elle encore ? Existe-t-il encore ce Noël enrobé de la voix de Tino Rossi (dont les CD sont introuvables au Liban) ? Ce Noël où les enfants attendent l’aube avec impatience pour voir ce que le père Noël de leur imaginaire leur a laissé sous l’arbre. Existe-t-il ce Noël où les familles invitent ceux qui sont seuls à se joindre à eux ? Ce Noël qui nous pousse à aller vers les autres. Ce Noël avec des guirlandes de lumière dans les arbres, des vitrines décorées (à la Galeries Lafayette styyyle) et des papa Noël aux coins de nos rues. Ce Noël où les cadeaux sont des cadeaux du cœur et pas un montant fixé par le qu’en dira-t-on d’une caste sociale en mal de reconnaissance ? Ce Noël spontané et pas superficiel, ce Noël de la messe de minuit, pas de la suite en boîte, ce Noël traditionnel où l’on accroche des chaussettes sur le rebord de la cheminée, où l’on laisse quelque chose à manger au père Noël à côté du sapin, où l’on reste tard en pyjama la journée du 25. Existe-t-il encore ce Noël où l’on peut dire tout simplement qu’on aime Noël ?
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats Noël c’est dans 10 jours. Plus que 10 jours avant la grande liesse. Avant le grand saut dans les cascades de cadeaux, le saut dans l’effervescence des Playmobils, des Barbies et autres Dora, Cars, Batman et Hannah Montana. Dix jours avant l’overdose de foie gras, le trop-plein de chocolats et la 33e buche immonde au goût de marrons de synthèse… 10 jours… On en a déjà la nausée. La nausée des emballages, la nausée des embouteillages, la nausée des étalages. On a la nausée parce qu’on n’en peut plus. Courir les rayons, râler dans les embouteillages, chercher le cadeau idéal, la cravate, le DVD, le pull qu’il faut… bercés par ces sempiternelles chansons de Noël, entre un Jordy criard – mais qui écoute encore Jordy à part les parents de Jordy, car même Jordy ne peut plus s’entendre –, un vieux Boney...