Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Texto Plus vraiment zen

de Lélia Mezher Les incidents de ces derniers jours ne sont pas en eux-mêmes alarmants. Le timing, par contre, l’est. Ils viennent clore une série de visites à l’étranger entreprises par les responsables locaux, président de la République en tête. Alors que tout le monde revient d’outre-mer – et d’outre-terre aussi –, les accrochages dans le camp de Miyé Miyé, ainsi que toutes les violences, qu’ils constituent ou non des incidents isolés, sont autant de signaux qu’il convient de prendre en compte. Ils interviennent également quelques jours après l’annonce de la date fixée pour le début de la procédure dans le cadre du tribunal spécial pour le Liban, et à peine quelques heures après la déclaration du ministre de l’Intérieur pour qui « rien ne viendra entacher le bon déroulement des élections », même s’il avait lui-même prévenu, il y a quelques jours de cela, que « certaines parties tentent de saboter le bon déroulement du scrutin ». Alors voilà. Les dirigeants de ce pays viennent à peine de faire le plein de soutien international que depuis 48 heures, rien ne va plus. Bien sûr, au goût des Libanais, tout était bien trop zen. Car pour eux, dès que la situation frise le calme plat, il y a automatiquement anguille sous roche. Ils se disent en effet que si le Liban baignait dans une démocratie tranquille, sereine et sobre, ça se saurait... Alors, lorsque des incidents éclatent quelques heures avant l’arrivé de Jimmy Carter à Beyrouth – après avoir fait un crochet à Paris pour, entre autres, parler du Liban – et que les camps de réfugiés palestiniens s’occupent de détourner l’attention des médias de cette visite et à faire grimper la tension d’un cran, il y a forcément du souci à se faire. Ce même Carter dont le quotidien israélien Haaretz ne manque pas de rappeler le rôle central qu’il a joué lors de la signature des accords de Camp David. Ainsi, même si, officiellement, son rôle est de veiller à l’amélioration des relations syro-libanaises et à l’échange effectif de délégations officielles, il y a fort à parier que le volet syro-israélien ne sera pas exclu des discussions, du moins en privé et loin, très loin des médias. Quant aux élections, il s’agira de réussir à tenir la situation jusqu’au jour J en espérant que l’impact de tout développement concernant le tribunal ne viendra pas réduire à néant tous les efforts tant législatifs que logistiques fournis par le ministère de l’Intérieur depuis plus de six mois. Pour que cela soit possible, il faut être en mesure de neutraliser l’action de tous les ilôts sécuritaires qui bourgeonnent un peu partout dans le pays. Car d’ici à mai prochain, il y a bien trop de dates butoirs pour un si petit pays. Des tournants presque historiques qu’il conviendra non seulement de négocier avec habileté mais, idéalement, d’en prévoir les répercussions à long terme et de définir une politique nationale conséquente. Avis aux amateurs…
de Lélia Mezher

Les incidents de ces derniers jours ne sont pas en eux-mêmes alarmants. Le timing, par contre, l’est. Ils viennent clore une série de visites à l’étranger entreprises par les responsables locaux, président de la République en tête. Alors que tout le monde revient d’outre-mer – et d’outre-terre aussi –, les accrochages dans le camp de Miyé Miyé, ainsi que toutes les violences, qu’ils constituent ou non des incidents isolés, sont autant de signaux qu’il convient de prendre en compte. Ils interviennent également quelques jours après l’annonce de la date fixée pour le début de la procédure dans le cadre du tribunal spécial pour le Liban, et à peine quelques heures après la déclaration du ministre de l’Intérieur pour qui « rien ne viendra entacher le bon déroulement des élections...