Fady NOUN
La tournée supermédiatisée de Michel Aoun en Syrie, terre de saint Maron et « berceau du christianisme », continue d’alimenter la chronique, l’opinion restant très partagée sur son opportunité, alors que le contentieux syro-libanais reste si lourdement chargé. Le fait que le chef du CPL ait rendu compte de sa tournée au chef de l’État a adouci quelque peu les réactions, dans la mesure où cette démarche laisse penser que Michel Aoun respecte malgré tout les institutions nationales.
Toutefois, le Bloc national a réagi violemment à l’information selon laquelle un émissaire du général Aoun se rendrait incessamment à Bkerké pour informer le patriarche des résultats de sa visite, M. Carlos Eddé allant même jusqu’à demander au chef de l’Église maronite de ne pas le recevoir... Un geste improbable, en totale contradiction avec la tradition patriarcale maronite.
Ce sont principalement les milieux chrétiens qui se sont offusqués de l’étalage médiatique de la visite en Syrie. Par contre, ce sont surtout les milieux sunnites qui ont réagi à l’idée d’un amendement de l’accord de Taëf lancée par Aoun à partir de Damas.
La réaction la plus mesurée et la mieux argumentée est venue de l’ancien Premier ministre Nagib Mikati, qui a rappelé au chef du CPL qu’un amendement de ce type relève des questions consensuelles qui doivent faire l’unanimité des communautés libanaises, et qu’une majorité parlementaire, aussi large soit-elle, ne suffit pas à légitimer un amendement, surtout s’il concerne les prérogatives respectives des trois premières présidences.
En tout état de cause, les observateurs estiment que, une fois retombé le côté sensationnel de la visite, la tournée du général Aoun en Syrie ne pourra faire ombrage ni à la présidence de la République ni au rôle de Bkerké. Du reste, l’échange d’ambassadeurs entre le Liban et la Syrie, sur le point de se concrétiser, marquera la suprématie des processus institutionnels. Notons aussi, sur ce plan, la visite de 24 heures que le chef de l’État effectuera, dimanche, en Jordanie.
Côté international, la situation au Liban continue d’être suivie de près. À ce sujet, et à la veille de la reprise du dialogue national (22 décembre), on annonce que le président Nicolas Sarkozy est attendu au Liban le 5 décembre pour une visite de 24 heures. Selon une source diplomatique, citée par notre correspondant diplomatique, Khalil Fleyhane, cette visite illustre l’inquiétude que la France nourrit à l’égard d’un dialogue national en difficulté.
Reçu par la secrétaire d’État Condoleezza Rice, à Washington, le ministre Nassib Lahoud, en tournée aux États-Unis, a cru comprendre, pour sa part, que l’évolution de la situation régionale ne se répercutera pas négativement sur le Liban.
Enfin, l’actualité locale a été marquée, durant le long congé de l’Adha, par la visite de l’ancien président américain Jimmy Carter, dont l’association souhaite pouvoir suivre le bon déroulement des prochaines élections. Le ministre de l’Intérieur a démenti hier qu’une décision ait déjà été prise en ce sens, mais affirmé que son ministère poserait les critères qui qualifieraient toute association qui voudrait être présente sur le terrain, en juin prochain.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats