La visite remarquée du chef du Courant patriotique libre Michel Aoun en Syrie et l’accueil non moins ostensible qui lui a été réservé n’ont pas manqué de
susciter des réactions critiques au sein de la majorité, et plus positives et nuancées
au sein de l’opposition.
Dans une entrevue accordée au site Internet Nowlebanon, le ministre de l’Information, Tarek Mitri, a estimé que « les Libanais sont nécessairement étonnés non seulement de la visite en tant que telle, mais aussi de l’exagération de l’enthousiasme qu’elle a suscité ». « Si la Syrie voulait adresser un message au Liban et tourner la page pour construire les relations entre les deux pays sur de nouvelles bases, le message devrait alors être adressé d’État à État », a déclaré M. Mitri, qui a placé cette rencontre au compte des « alliances politiques », soulignant que « ce n’est pas la nature de l’accueil syrien qui décide ou qui donne des indications sur l’importance de la représentation » d’un leader chrétien. « Toutes les fois que le chef de l’État se déplace quelque part dans le monde, le général Aoun se dirige à son tour vers des lieux inconvenants dans l’objectif de faire du sabotage, pour attirer l’attention puisqu’il n’apporte rien au Liban à l’issue de cette visite », a déclaré le député Marwan Hamadé. Dans une allusion à peine voilée aux objectifs de la tournée du chef du CPL en Syrie, M. Hamadé rappelle que les forces du 14 Mars continuent de pratiquer une politique d’ouverture en direction de l’ensemble des États et des centres de décision, « non pas pour renverser les équilibres en présence ou en vue de rechercher un soutien électoral, mais pour soutenir la continuité du tribunal » international.
Commentant à son tour la proposition de modification de la Constitution de Taëf soulevée par le général Aoun en Syrie, le député du Rassemblement démocratique Nehmé Tohmé a indiqué « que les circonstances actuelles ne permettent pas de modifier les accords de Taëf ». « C’est une honte pour les politiques de penser à modifier cette Constitution », a-t-il dit, estimant que cette attitude vise à atteindre des objectifs « électoraux ». Abondant dans le même sens, le député Mohammad Hajjar a souligné que la proposition de modification du texte fondamental faite par le chef du CPL est « potentiellement explosive ». De son côté, le député Jawad Boulos a estimé que ceux qui veulent véritablement être « représentatifs des chrétiens n’ont qu’à œuvrer à restituer à l’État ses droits, qui ont été usurpés par les mini-États ».
Usant d’un ton plus ferme, le député Boutros Harb a exprimé son net refus « qu’un responsable libanais utilise la tribune syrienne pour insulter un citoyen libanais et l’accuser de trahison ».
Côté opposition, le Tachnag a tenu à remettre les pendules à l’heure, précisant, dans un communiqué, que la « visite d’une délégation du parti en Syrie était une réponse à une invitation adressée au lendemain de la reprise des relations avec les Syriens ».
« Nous avons dit au président Assad (Bachar) ce que nous disons à Beyrouth, à savoir que notre objectif en tant qu’Arméniens, notre décision en tant que bloc ainsi que notre choix politique sont indépendants ». Et de préciser que le timing de cette visite à Damas « n’a rien à voir avec celui du général Aoun ».
Pour sa part, le responsable des relations extérieures au sein du Hezbollah, Nawaf Moussawi, a déclaré au sujet de la visite de M. Aoun : « L’enthousiasme manifesté lors de l’accueil du général Aoun est un hommage rendu à la Résistance et un tribut rendu au chef du CPL qui s’est tenu à ses côtés. »
Le député Camille Khoury a de son côté indiqué que « le général Aoun n’a pas été en Syrie en offrant aux officiers des services de renseignements des cadeaux ou en faisant des transactions pour éliminer de l’équation politique certaines parties libanaises ». « Il s’est rendu en Syrie en tant que leader chrétien d’Orient, qui a foi en un Liban uni, un Liban-message », a-t-il déclaré. Saluant la visite de M. Aoun en tant que telle, l’ancien Premier ministre, Sélim Hoss, a critiqué sa demande d’amender la Constitution.
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susciter des réactions critiques au sein de la majorité, et plus positives et nuancées
au sein de l’opposition.
Dans une entrevue accordée au site Internet Nowlebanon, le ministre de l’Information, Tarek Mitri, a estimé que « les Libanais sont nécessairement étonnés non seulement de la visite en tant que telle, mais aussi de l’exagération de l’enthousiasme qu’elle a suscité ». « Si la Syrie voulait adresser un message au Liban et tourner la page pour construire les relations entre les deux pays sur de nouvelles bases, le message devrait alors être adressé d’État à État », a déclaré M. Mitri, qui a placé cette rencontre au compte des «...