Les musulmans de Bombay s’ingénient
à se démarquer
des terroristes
le 05 décembre 2008 à 00h00
Marche pour la paix, refus d’une sépulture pour les assaillants, appels à des festivités discrètes pendant l’Aïd...
Bien que les musulmans n’aient pas été épargnés – entre 20 et 30 % des 172 morts appartiennent à cette communauté qui compose environ 15 % de la population à Bombay – leurs représentants s’inquiètent à demi-mot d’une exploitation des attentats par les partis hindous, dans la rue ou dans les urnes. Les musulmans de la ville défileront en hommage aux victimes après la grande prière du vendredi. Des personnalités de la communauté ont exhorté à limiter aux rituels strictement requis les célébrations de l’Aïd al-Adha, la fête du sacrifice. En outre, de nombreuses organisations islamiques refusent catégoriquement que les auteurs des attentats soient enterrés en Inde. « Un musulman indien est aussi inquiet et choqué que n’importe quel Indien », observe Javed Akhtar, scénariste à « Bollywood », l’industrie du cinéma de Bombay. « Dans un monde idéal, ce ne serait pas nécessaire de le dire. » « Mais puisque les assaillants prétendent brandir le drapeau de l’islam et agir au nom du jihad, tout musulman doit prendre ses distances avec ceux qui donnent cette image diabolique de l’islam », ajoute cet athée déclaré, qui se considère néanmoins comme un membre de la communauté.
Selon un dirigeant religieux, le Moulana Mustaqueem A. Azmi, qui approuve les annonces des organisations islamiques, « comme à chaque fois qu’il y a un attentat depuis cinq ou six ans, les musulmans indiens répètent qu’ils sont innocents mais ne parviennent pas à se défendre des accusations portées contre eux ». Secrétaire de la Société des ulémas de l’État du Maharashtra, dont Bombay est la capitale, il déplore la « faiblesse des partis représentant les intérêts des musulmans », contrairement aux mouvements hindous. Mardi, un rassemblement d’une cinquantaine d’organisations islamiques ont conjuré les partis politiques de ne pas tenter de profiter de la tragédie en vue des élections générales prévues au plus tard en mai 2009.
Marche pour la paix, refus d’une sépulture pour les assaillants, appels à des festivités discrètes pendant l’Aïd...
Bien que les musulmans n’aient pas été épargnés – entre 20 et 30 % des 172 morts appartiennent à cette communauté qui compose environ 15 % de la population à Bombay – leurs représentants s’inquiètent à demi-mot d’une exploitation des attentats par les partis hindous, dans la rue ou dans les urnes. Les musulmans de la ville défileront en hommage aux victimes après la grande prière du vendredi. Des personnalités de la communauté ont exhorté à limiter aux rituels strictement requis les célébrations de l’Aïd al-Adha, la fête du sacrifice. En outre, de nombreuses organisations islamiques refusent catégoriquement que les auteurs des attentats soient enterrés en Inde. « Un musulman...
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