Rechercher
Rechercher

Actualités - Opinion

Impression Tais-toi, Cassandre !

par Fifi Abou Dib Pour le visiteur occasionnel, le Liban est rarement un but de promenade. Quand il débarque sous nos cieux, il est souvent en escale, retour de Dubaï ou de quelque émirat, en partance pour Paris, Londres ou New York. Quelqu’un lui a fait le grand jeu pour le convaincre de passer. Comme on insiste chez nous pour le café. Faut-il être convaincu de vivre soi-même au Paradis pour transmettre une telle fièvre à un quasi-inconnu ? Temps radieux, bougainvillées en fleurs, soit, mais encore ? L’homme a beau être en transit, on le retrouve en transe, transi, raide dingue fou de cette ville hystérique, Beyrouth. Pas plus tard qu’hier, l’un de ces ingénus, pourtant président d’une marque de luxe des plus prestigieuses au monde, me faisait part de son éblouissement. L’interview portait sur les créations et les performances de sa maison, mais il revenait constamment sur ses impressions libanaises. Le Liban est un hasard dans ma tournée internationale, me disait-il, mais quel hasard fascinant ! Quel peuple, quelle ville… Je suis passé par Tokyo, la Corée du Sud, Dubaï. Je n’ai rencontré que des gens déprimés par la crise, abattus, courbés, désespérés. Ce passage par Beyrouth, où j’ai découvert un peuple qui garde la tête haute malgré les coups du sort, qui reconstruit sans cesse, ne renonce jamais à son projet et célèbre la vie de toutes les manières, a été pour moi une injection d’optimisme. À la veille de rentrer à New York, croyez que j’en avais bien besoin. Des rencontres comme celle-ci sont fréquentes dans le métier de journaliste. Je me dois de les partager. Les élections législatives qui se profilent sous nos cieux excitent déjà les Cassandre. Oui, c’est trop calme en ce moment. Diviser n’a jamais suffi, il faut aussi terroriser pour régner. On peut refuser de les écouter. On peut aussi, tout en s’étonnant de ce regard positif porté sur soi de l’extérieur, croire en toute simplicité et en toute légitimité en soi-même. Parce qu’on appartient à un peuple qui survit admirablement à toutes sortes d’horreurs. À l’heure où le monde entier semble frappé par l’angoisse, le Libanais réinvente un concept vital, bien que longtemps réservé à quelques fous : l’optimisme .
par Fifi Abou Dib

Pour le visiteur occasionnel, le Liban est rarement un but de promenade. Quand il débarque sous nos cieux, il est souvent en escale, retour de Dubaï ou de quelque émirat, en partance pour Paris, Londres ou New York. Quelqu’un lui a fait le grand jeu pour le convaincre de passer. Comme on insiste chez nous pour le café. Faut-il être convaincu de vivre soi-même au Paradis pour transmettre une telle fièvre à un quasi-inconnu ? Temps radieux, bougainvillées en fleurs, soit, mais encore ? L’homme a beau être en transit, on le retrouve en transe, transi, raide dingue fou de cette ville hystérique, Beyrouth. Pas plus tard qu’hier, l’un de ces ingénus, pourtant président d’une marque de luxe des plus prestigieuses au monde, me faisait part de son éblouissement. L’interview portait sur les...