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Actualités - Opinion

Le point Dialogue en pointillé

par Christian Merville « L’acteur le plus important dans les pourparlers de paix avec la Syrie parle anglais et s’appelle Obama. » L’auteur de ce truisme a choisi l’anonymat. Sage précaution : on ne sait jamais quel nom peut sortir de l’urne électorale le 10 février prochain. Il y a fort à parier cependant que, Tzipi Livni ou Benjamin Netanyahu, le successeur d’Ehud Olmert devra se montrer réaliste et se conformer, même en rechignant, aux recommandations d’un rapport du conseil national de sécurité israélien dont le Haaretz vient de publier les principaux passages. Il y est clairement souligné la nécessité d’aller de l’avant dans le dialogue timidement esquissé il y a quelques mois sous l’égide de la Turquie, quitte « à payer le prix lourd », c’est-à-dire la restitution du Golan. Et comme on se trouve en pleine phase exploratoire en prévision d’un retour à la table des pourparlers, l’autre camp est prévenu qu’il lui faudra en échange rompre ses liens avec le Hamas palestinien et le Hezbollah libanais et réduire ses liens avec l’Iran. Il n’y a, dans ces conditions-là, rien de nouveau et on connaît, depuis le cardinal de Retz, les embûches que pose un exercice aussi périlleux que la négociation. Formulée sous diverses façon, l’offre de l’État hébreu revient régulièrement depuis quelques mois. La dernière fois, elle fut avancée par le Premier ministre lui-même, sans susciter le moindre commentaire de son actuel chef de la diplomatie et successeur à la tête du parti Kadima. Le 27 octobre 2007, un membre de son cabinet, le ministre (arabe) de la Science, de la Culture et du Sport, Ghaleb Majadele, avait évoqué un possible retrait du plateau conquis lors de la guerre de juin 1967 et annexé le 14 décembre 1981. « Je suis convaincu, estimait-il alors, que pour les Syriens, la paix représente un objectif stratégique ; quant aux Israéliens, ils n’ont aucune visée belliciste, encore moins expansionniste. Nous savons que la facture à honorer, c’est la rétrocession des hauteurs occupées. » Les jalons ainsi posés, rendez-vous est pris pour le mois de décembre, quand le rapport des chefs militaires sera présenté au gouvernement dans le cadre de l’examen annuel de l’état de la sécurité. D’ici là, on continuera d’avancer à pas mesurés, ainsi qu’il convient de le faire en terrain miné, à l’approche, qui plus est, d’une échéance électorale et en attendant la fin de l’étape transitoire à Washington. D’autant plus que l’équipe au pouvoir à Tel-Aviv est loin de faire preuve d’unanimité sur la question. Le ministre de l’Environnement Gideon Ezra juge que, dans l’immédiat, « il n’y a rien à négocier », quand un élu à la Knesset, David Tal, pense que le thème doit faire l’objet d’un référendum. Jusqu’à une date récente, la principale objection provenait de Washington. On n’a pas oublié qu’en 2003, Bachar el-Assad avait avancé l’idée d’un retour aux pourparlers de paix suspendus trois ans plus tôt, contré aussitôt par l’administration de George W. Bush. Approchée lors d’une visite officielle, Condoleezza Rice avait ainsi répondu sèchement à ses interlocuteurs : « N’y pensez même pas. » Shimon Peres, encore vice-président du Conseil, puis le ministre de l’Intérieur Ronni Baron avaient relayé le point de vue de l’establishment politique en une formule restée célèbre : « Le pire serait de contredire l’Amérique. » La fidélité, c’est beau, surtout quand elle sert vos intérêts… Dans ce brusque renouveau d’intérêt pour une situation dont tout le monde feignait pourtant de s’accommoder, on ne s’étonnera pas que nul ne fait l’effort d’évoquer la question de l’eau. À juste raison, puisque celle-ci pourrait constituer la principale pierre d’achoppement. En effet, près de 55 pour cent des besoins de l’État hébreu sont assurés par le Golan, alors que les sources du mont Hermon – dont 70 des mille kilomètres carrés, sur le versant sud, sont sous contrôle israélien – alimentent le Jourdain, ses deux affluents qui sont le Hasbani et le Banias, le Wazzani ainsi que le lac de Tibériade. L’idéal pour les Israéliens serait d’aboutir à un accord comme celui conclu avec la Jordanie le 26 octobre 1994, assurant annuellement au royaume hachémite 75 millions de mètres cubes. On en est loin, même s’il y a urgence. Dans une étude établie il y a quelques mois et demeurée ultrasecrète jusqu’à une date récente, le Jaffee Center for Strategic Studies jugeait primordial le maintien sous contrôle israélien des ressources hydrauliques de l’ensemble de cette partie du Proche-Orient. Il est permis de douter que Damas accepte cette condition, préférant laisser le temps – son meilleur allié – faire son œuvre, c’est-à-dire rendre insoutenable pour l’ennemi une crise en passe d’atteindre son point culminant. Après tout, il y a cinquante-neuf ans que la convention d’armistice a été signée, trente-quatre ans que tient le désengagement des forces qui avait suivi la guerre d’octobre 1973 et trente-deux ans qu’a été tracée la fameuse « ligne rouge ». Rouge couleur de ce sang versé sur la terre du Liban.
par Christian Merville

« L’acteur le plus important dans les pourparlers de paix avec la Syrie parle anglais et s’appelle Obama. » L’auteur de ce truisme a choisi l’anonymat. Sage précaution : on ne sait jamais quel nom peut sortir de l’urne électorale le 10 février prochain. Il y a fort à parier cependant que, Tzipi Livni ou Benjamin Netanyahu, le successeur d’Ehud Olmert devra se montrer réaliste et se conformer, même en rechignant, aux recommandations d’un rapport du conseil national de sécurité israélien dont le Haaretz vient de publier les principaux passages. Il y est clairement souligné la nécessité d’aller de l’avant dans le dialogue timidement esquissé il y a quelques mois sous l’égide de la Turquie, quitte « à payer le prix lourd », c’est-à-dire la restitution du Golan. Et comme on...