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Un phénix qui ne s’éteint jamais…

Il avait été l’un des principaux éléments moteurs de la révolution du Cèdre, de ce printemps de Beyrouth 2005, véritable événement fondateur de l’histoire contemporaine du Liban. Il y a deux ans, le 21 novembre 2006, Pierre Gemayel, alors député du Metn-Nord et ministre de l’Industrie dans le premier gouvernement souverainiste de Fouad Siniora, tombait à Jdeidé sous les balles de terroristes dont les sombres desseins n’échappent à personne. Le destin a voulu qu’il rejoigne les autres martyrs de l’intifada de l’indépendance la veille même de la traditionnelle célébration nationale de l’indépendance du 22 novembre, et alors que le parti Kataëb célébrait l’anniversaire de sa fondation. Que Pierre Gemayel tombe en martyr un 21 novembre, alors qu’il était associé à cette double célébration, cela constitue tout un symbole, à un double titre. Le jeune leader ne cessait de souligner dans ses différents discours et interventions en public que les Libanais devaient se mobiliser autour du projet d’édification de l’État central fort afin de consolider et bétonner cette nouvelle indépendance que le million de Libanais amassés un certain 14 mars 2005 à la place des martyrs, baptisée la « place de la Liberté », avaient réussi à imposer en obtenant une accélération inespérée du retrait des troupes d’occupation syriennes. Cette flamme qui a fait de ce 14 Mars une date butoir dans l’histoire du Liban, Pierre Gemayel la portait à bout de bras, à l’instar d’ailleurs de son frère Samy, autre élément moteur et catalyseur de la révolution du Cèdre. Cette flamme, Pierre Gemayel – comme un phénix qui ne s’éteint jamais – la communiquait à son entourage, à ses partisans, à son milieu sociocommunautaire, à ses alliés, sous l’effet de sa foi inébranlable en une cause, celle d’un Liban souverain, pluraliste, libéral, ouvert sur le monde. Pour défendre ce Liban humaniste, il avait souligné à plus d’une reprise qu’il était prêt à aller jusqu’au martyre. Les terroristes l’ont pris au mot. Ils ont tenté de briser l’élan, la dynamique, qu’il avait enclenchés au double plan national et partisan. Ils ont choisi de le prendre pour cible le jour même du 70e anniversaire de la fondation des Kataëb comme pour bien signifier que ses efforts inlassables en vue de refonder le parti n’étaient pas bien vus des bourreaux du pays du Cèdre. Car en quelques mois, Pierre Gemayel avait effectivement réussi à s’imposer en rassembleur au sein du parti, mobilisant les jeunes et les moins jeunes, réunifiant les rangs, battant le rappel des partisans désabusés, afin que les Kataëb remontent la pente, qu’ils reprennent leur place traditionnelle sur l’échiquier politique chrétien et soient à nouveau fidèles aux constantes historiques du parti, à celles de son fondateur… Et qu’ils soient aussi, et surtout, fidèles à ce formidable élan citoyen de la révolution du Cèdre qui a poussé plus d’un million de citoyens à prendre possession de ce qu’ils qualifieront « place de la Liberté » en cet historique 14 mars 2005. M. T.
Il avait été l’un des principaux éléments moteurs de la révolution du Cèdre, de ce printemps de Beyrouth 2005, véritable événement fondateur de l’histoire contemporaine du Liban. Il y a deux ans, le 21 novembre 2006, Pierre Gemayel, alors député du Metn-Nord et ministre de l’Industrie dans le premier gouvernement souverainiste de Fouad Siniora, tombait à Jdeidé sous les balles de terroristes dont les sombres desseins n’échappent à personne. Le destin a voulu qu’il rejoigne les autres martyrs de l’intifada de l’indépendance la veille même de la traditionnelle célébration nationale de l’indépendance du 22 novembre, et alors que le parti Kataëb célébrait l’anniversaire de sa fondation.
Que Pierre Gemayel tombe en martyr un 21 novembre, alors qu’il était associé à cette double célébration,...