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Actualités - Chronologie

Propagande Les médias chinois font de plus en plus état des troubles

Les nouvelles se dispersant très vite grâce aux nouvelles technologies, les agences locales ont décidé d’être les premières à rapporter les mauvaises nouvelles. Les médias chinois rendent davantage compte ces derniers temps de l’agitation sociale dans le pays, une façon pour le gouvernement de désamorcer les rumeurs et les informations propagées sur Internet, encore plus dévastatrices à ses yeux que les faits. Les services de propagande ont même donné pour consigne aux entreprises de presse de faire état des troubles sociaux. Ainsi, des grèves de chauffeurs de taxi et des manifestations organisées par des ouvriers licenciés ont été signalées, tout comme des émeutes dans la province du Gansu (centre-Ouest), cette semaine, et une manifestation à Pékin. « Le gouvernement chinois a entrepris de relâcher son contrôle sur les informations négatives », dit-on de source proche des services de propagande. « Ils cherchent à contrôler l’information en publiant les informations », ajoute-t-on. Un responsable du Parti communiste chinois (PCC) a confirmé cette évolution progressive apparue cette année. « Il est pratiquement impossible, aujourd’hui, de bloquer quoi que ce soit, l’information pouvant se répandre très rapidement sur Internet », a-t-il expliqué à Reuters. « Nous avons remarqué en outre que si nous sommes les premiers à rapporter une information, nous en tirons parti. » Les médias chinois ont joui d’une liberté sans précédent durant la première semaine qui a suivi le séisme du 12 mai au Sichuan, lequel a fait 80 000 morts et suscité un regain d’union nationale autour des services des secours. Cependant, à mesure que des questions se posaient sur les raisons de l’effondrement d’un si grand nombre d’écoles, les médias ont détourné de plus en plus l’attention vers les visites de hauts responsables de l’État ou vers l’aide apportée par l’armée. Pendant les Jeux olympiques de Pékin, au mois d’août, les autorités ont imposé un black-out sur les mauvaises nouvelles. Le scandale du lait contaminé à la mélamine n’a été de ce fait révélé qu’à retardement. Désormais, « le gouvernement central permet aux autorités locales de diffuser de mauvaises nouvelles sans plus devoir en demander l’autorisation à des échelons plus élevés », dit-on de source proche de la propagande. « Elles ont pour principe de “rapporter les faits rapidement, mais d’être prudentes quant aux causes des faits” », ajoute-t-on. Cette semaine, des milliers d’habitants ont provoqué une émeute à propos d’un projet de relogement à Wudu, dans la région de Longnan (province du Gansu), où 1,8 million de personnes ont été sans abri du fait du séisme du 12 mai au Sichuan voisin. Certains émeutiers ont attaqué des responsables et des policiers à coups de barres de fer, de haches ou de houes, et ont lancé des pierres, des briques et des pots de fleur, selon les informations données par le gouvernement sur les incidents. L’accent mis sur les violences commises par les manifestants envers les policiers et les autorités ont rappelé la façon dont étaient rapportées, en mars, les émeutes de Tibétains dans le sud du Gansu. Hier, l’agence de presse officielle Chine nouvelle a, une fois n’est pas coutume, fait état d’une manifestation dans la capitale, Pékin. Elle signale que près de 400 personnes, mécontentes d’avoir perdu de l’argent dans un projet financier, ont manifesté mercredi devant l’hôtel de ville de Pékin avant de se disperser après en avoir été « persuadés » par le personnel municipal. Cette ouverture relative dans la manière de rapporter les événements pourrait aider le gouvernement à atteindre son objectif de créer une certaine « harmonie » sociale dans le pays et à faire face au ralentissement économique. Ces dernières années, la nette augmentation des informations sur les troubles dans les campagnes a, par exemple, permis de faire avancer des initiatives du gouvernement central en faveur du secteur rural.
Les nouvelles se dispersant très vite grâce aux nouvelles technologies, les agences locales ont décidé d’être les premières à rapporter les mauvaises nouvelles.
Les médias chinois rendent davantage compte ces derniers temps de l’agitation sociale dans le pays, une façon pour le gouvernement de désamorcer les rumeurs et les informations propagées sur Internet, encore plus dévastatrices à ses yeux que les faits. Les services de propagande ont même donné pour consigne aux entreprises de presse de faire état des troubles sociaux.
Ainsi, des grèves de chauffeurs de taxi et des manifestations organisées par des ouvriers licenciés ont été signalées, tout comme des émeutes dans la province du Gansu (centre-Ouest), cette semaine, et une manifestation à Pékin. « Le gouvernement chinois a entrepris de relâcher son...