Un mois après l’annonce de l’établissement de relations diplomatiques entre la Syrie et le Liban, le chemin d’une normalisation complète entre les deux pays reste semé d’embûches.
La valse des « aveux », de part et d’autre, et les multiples arrestations de membres du groupuscule terroriste sont autant de rebondissements qui ont jeté de l’huile sur le feu et achevé d’envenimer les relations entre Damas et Beyrouth. Entre-temps, les arrestations de membres du groupuscule terroriste se poursuivent à un rythme relativement accéléré.
Ainsi, la diffusion par la télévision publique syrienne des « aveux » de membres de Fateh el-Islam sur leur implication présumée dans un attentat qui avait fait 17 morts à Damas en septembre et leur « financement » par le courant mené par le chef de la majorité, Saad Hariri, suivie par les « contre-aveux » ou « témoignages » publiés par le quotidien al-Mostaqbal avançant la preuve d’une coordination entre les services de renseignements syriens et ce réseau islamiste ont achevé de semer la confusion au sein de l’opinion publique libanaise qui ne sait franchement plus à quelle version se vouer.
Le camp du 14 Mars, qui accuse lui-même Damas d’avoir infiltré des combattants de Fateh el-Islam au Liban pour déstabiliser le pays, a aussitôt dénoncé une tentative d’« inverser la donne » en faisant croire que le danger terroriste provenait du Liban.
Sur le terrain, plusieurs développements sont survenus avec des arrestations multiples de membres du groupe précité et des bribes d’informations encore insuffisantes pour pouvoir conclure dans un sens comme dans l’autre, d’autant que les services de renseignements concernés œuvrent, sciemment parfois, à faire planer le flou.
Après l’arrestation, il y a une semaine, de quatre membres du groupuscule dans le camp de Beddaoui, une cinquième personne a été interceptée dimanche soir par les services de renseignements dans les environs du camp. L’importance de cette nouvelle arrestation réside dans le fait qu’il s’agit de la personne qui aurait aidé le chef de Fateh el-Islam, Chaker Absi, à fuir Beddaoui où il s’était réfugié, moyennant une somme de 1 000 dollars, comme l’affirme une source militaire autorisée. Transporté à bord d’une Mitsubishi, Chaker Absi aurait traversé la frontière libano-syrienne et serait très probablement déjà arrêté par les services syriens.
L’information a été obtenue par les services de renseignements de l’armée suite au témoignage du dénommé Ahmad el-Attar, alias Abou Abdo, l’un des quatre membres arrêtés il y a une semaine.
Hier, de nouveaux rebondissements sont encore survenus avec l’arrestation à Tripoli de deux autres membres présumés : Ali Khodr, 32 ans, a été arrêté à l’entrée sud de Tripoli ; le second, appartenant à la famille Malak, est soupçonné d’avoir assuré une cachette à Chaker Absi dans une résidence dont son frère, qui vit au Danemark, est propriétaire.
Pour sa part, l’agence al-Markaziya, qui cite des sources palestiniennes, a assuré que les services de renseignements ont déjà entre les mains une liste d’une trentaine de noms, soit tout un nouveau groupe accusé de collaboration avec Fateh el-Islam. Les sources palestiniennes – qui ont confirmé avoir déjà remis aux services de l’armée quatre membres dudit groupuscule, dont cheikh Hamza Amine Kassem, responsable du périmètre sécuritaire autour de la mosquée al-Qods à Beddaoui – ont par ailleurs affirmé que le commandement de l’armée a tenu une réunion avec certaines factions palestiniennes et leur a demandé de lui remettre le dénommé Mohammad Kh., un autre membre du groupuscule islamiste. L’armée, toujours selon ces sources, a également réclamé aux factions concernées d’effectuer un recensement de la population du camp de Beddaoui, une requête que le comité sécuritaire palestinien a promis de remplir.
Autre information, diffusée cette fois-ci par la LBC et la Future News : celle faisant état de 18 appels téléphoniques passés par le dénommé Ahmad Merhi, pour entrer en contact avec le directeur des Forces de sécurité intérieure, le général Achraf Rifi, à la veille des deux fameuses batailles de Tripoli et de Nahr el-Bared. Selon des sources sécuritaires citées par la LBC, le premier contact a été effectué à partir d’un numéro libanais, le 03-135727, et les 17 autres à partir d’un numéro syrien, le 00963- 955555205. Au cours de ces conversations, Ahmad Merhi, un membre du groupuscule arrêté quelques semaines après le déclenchement de la bataille de Nahr el-Bared, aurait exercé des intimidations pour convaincre le responsable des FSI de mettre fin à l’encerclement des immeubles du quartier Mitein dans lesquels étaient retranchés des membres de Fateh el-Islam. Le général Rifi aurait signifié aux islamistes encerclés que la décision de lancer l’assaut contre les bâtiments avait été prise, à moins que ces derniers ne se rendent pour comparaître devant les tribunaux. Ce n’est qu’une fois que les civils ont été évacués que le général Rifi a décidé de mettre fin à ses pourparlers avec Ahmad Merhi, conclut la source.
Je. J.
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La valse des « aveux », de part et d’autre, et les multiples arrestations de membres du groupuscule terroriste sont autant de rebondissements qui ont jeté de l’huile sur le feu et achevé d’envenimer les relations entre Damas et Beyrouth. Entre-temps, les arrestations de membres du groupuscule terroriste se poursuivent à un rythme relativement accéléré.
Ainsi, la diffusion par la télévision publique syrienne des « aveux » de membres de Fateh el-Islam sur leur implication présumée dans un attentat qui avait fait 17 morts à Damas en septembre et leur « financement » par le courant mené par le chef de la majorité, Saad...