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Réforme Polémique sur les cellulaires… pour changer

Gebran Bassil propose un projet d’accord avec une société française pour remplacer Alfa, l’un des deux opérateurs actuels ; Ghazi Youssef dénonce le manque de transparence dans le processus de sélection. Gouvernement d’union nationale ou pas, le dossier de la téléphonie cellulaire est toujours aussi épineux. La moindre proposition à ce sujet suscite la polémique, d’où l’inertie. Pressé par l’urgence du dossier (ou peut-être par l’agenda électoral), le ministre Gebran Bassil a jeté un pavé dans la mare. Les contrats de gestion avec les deux opérateurs actuels arrivant à terme le mois prochain, M. Bassil proposera samedi, en Conseil des ministres, deux nouveaux projets d’accords : l’un avec mtc touch, l’autre – surprise ! – avec Sofrecom, une filiale de France Telecom Orange. Mais avant même que cet accord ne soit discuté par les membres du gouvernement, les premières critiques ont fusé en provenance du Parlement, qui n’a pourtant pas toujours été aussi à cheval sur son rôle de contrôle de l’action ministérielle. Le député du Courant du futur, Ghazi Youssef, a ainsi tiré à boulets rouges sur le ministre CPL, lors d’une conférence de presse tenue hier au Parlement. Au-delà de l’angle politicien, un certain nombre de questions soulevées par le député semblent toutefois pertinentes. Ghazi Youssef a demandé si le ministre a été mandaté par le Conseil pour négocier un contrat de gestion à l’amiable, et quels ont été les critères scientifiques, techniques et financiers de sélection de l’éventuel opérateur. « Pourquoi le ministre n’a-t-il pas annoncé un appel d’offre publique ou du moins soumis en Conseil des ministres des offres de différentes compagnies habilitées à gérer le réseau, au lieu de proposer un accord à l’amiable et de mettre le gouvernement devant le fait accompli à moins d’un mois de l’expiration des contrats actuels, alors même que ce délai était connu depuis plus d’un an ? », a poursuivi le député. « Est-il vrai que la société en question (…) est une simple société de conseil et non un opérateur en tant que tel ? Et cette société, que le ministre a choisie de son propre chef, a-t-elle jamais géré un réseau dans n’importe quel pays du monde ? » a-t-il ajouté. Selon son site Internet, Sofrecom est « spécialiste du conseil et des solutions pour les acteurs du monde des télécommunications et des technologies de l’information (…) Sofrecom, au travers de centaines de projets à l’international, dispose depuis 1966 d’une expérience apportée aux opérateurs du monde entier : en Afrique, au Moyen-Orient, en Asie, en Amérique du Sud, en Océanie et en Europe. Depuis la construction des réseaux jusqu’à la mise en œuvre de la dérégulation des marchés, Sofrecom apporte aux opérateurs historiques, aux nouveaux entrants, aux autorités de régulation ou entités gouvernementales et aux entreprises une expérience unique de l’évolution des stratégies, des organisations, des réseaux et des systèmes d’information ». Toujours selon le site, la société est aussi installée en Algérie, en Argentine, au Maroc et en Pologne, où elle assiste des opérateurs et des acteurs du marché, mais le site ne fait pas mention d’un réseau directement géré par Sofrecom. Cela peut, peut-être, s’expliquer par le fait que les contrats de gestion sont de plus en plus rares dans le monde, les États préférant soit privatiser les réseaux, soit les gérer eux-mêmes avec l’aide de consultants. Mais Ghazi Youssef s’est demandé « comment garantir que cette société sera en mesure d’assurer une meilleure gestion du réseau que l’opérateur existant ». Enfin, reprenant des nouvelles parues dans la presse, le député s’est interrogé sur la véracité d’une information selon laquelle l’accord s’est fait à travers un intermédiaire et sur le rôle que ce dernier aurait joué. « Nous savons que le ministre et le courant politique à qui il appartient va répondre à nos accusations en affirmant que nous souhaitons maintenir l’opérateur actuel ou en choisir un autre, a poursuivi Ghazi Youssef. Mais nous n’avons aucune préférence si ce n’est la protection de l’argent public à travers un mécanisme transparent et conforme aux normes internationales dans le secteur », le tout au nom de « la réforme et du changement », a-t-il ajouté. Le député a donc pressé M. Bassil de répondre à toutes ces questions, sans quoi le Parlement pourrait lui retirer sa confiance. Mais, pour le moment, le ministre ne semble pas inquiet. Contacté par L’Orient-Le Jour, le ministre n’a pas souhaité répondre. Il a toutefois été interrogé à ce sujet dans le cadre d’une conférence de presse dédiée à une autre question (voir par ailleurs), mais il a éludé. M. Bassil s’est contenté de répondre que « le gouvernement a le choix entre garder les réseaux cellulaires dans leur état de délabrement ou avancer sur la voie des réformes, qui commencent par les contrats signés par le ministère ». Au passage, il n’a pas hésité à souligner « la crédibilité dans ce domaine » de ceux qui lancent les accusations, avant d’ajouter : « J’ai en main de nombreuses surprises au cas où je sens qu’il y a une volonté d’empêcher la réforme de la téléphonie cellulaire. » Des surprises, les Libanais ne s’y attendent pas vraiment. Les blocages politiques, en revanche, ils y sont plus qu’habitués. Si Gebran Bassil prend la peine de s’expliquer samedi en Conseil des ministres, convaincra-t-il ? S.A.
Gebran Bassil propose un projet d’accord avec une société française pour remplacer Alfa, l’un des deux opérateurs actuels ; Ghazi Youssef dénonce le manque de transparence dans le processus de sélection.
Gouvernement d’union nationale ou pas, le dossier de la téléphonie cellulaire est toujours aussi épineux. La moindre proposition à ce sujet suscite la polémique, d’où l’inertie. Pressé par l’urgence du dossier (ou peut-être par l’agenda électoral), le ministre Gebran Bassil a jeté un pavé dans la mare. Les contrats de gestion avec les deux opérateurs actuels arrivant à terme le mois prochain, M. Bassil proposera samedi, en Conseil des ministres, deux nouveaux projets d’accords : l’un avec mtc touch, l’autre – surprise ! – avec Sofrecom, une filiale de France Telecom Orange.
Mais avant même...