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Le soleil est le plus fort Lena NJEIM

Le mauvais temps ramène inévitablement à la surface de mon cœur tous mes élans de triste compassion et ne me viennent, à ce moment-là, que des idées dont la couleur n’a rien à envier à celle des nuages. Je pense alors à tous ceux qui souffrent dans leur âme comme dans leur chair. Toutes mes pensées vont naturellement vers toi... Toi, l’enfant battu et maltraité, qui se croit fautif pour avoir causé de telles colères, qui ne sait plus vers qui se tourner. Toi, la personne âgée que plus personne n’écoute, toi qui es pourtant une source inépuisable de conseils et de belles histoires de famille. Toi, la mère, toi qui te donnes sans rien attendre en retour, toi qui dois être capable de couver tes enfants sans les étouffer, toi qui pleures lorsque leurs ailes poussent, même si cela est ton plus cher désir. Toi, la femme, l’épouse, la compagne, toi qui croyais qu’il suffisait d’aimer pour l’être en retour, toi qui pensais que les joies du cœur étaient plus attirantes que les jeux du corps, toi qui es trompée par ton mari, ton amie ou parfois par les deux. Toi, le soldat, toi qui accordes tes pas au rythme des chants patriotiques, toi dont l’honneur est bafoué, toi dont les sacrifices sont vains. Toi, le malade, toi qui n’en peux plus de souffrir, toi qui refuses les traitements. Toi, l’ouvrier aux mains rugueuses, l’homme fier, souvent méprisé. Toi qui te donnes la mort car tu n’aimes plus la vie, toi qui as gardé la souffrance en toi. Toi qui vois ta maison détruite, toi qui en pleures l’âme et la chaleur, toi à qui l’on a volé un foyer et ses souvenirs. Toi qu’on emprisonne car tu as voulu être libre d’aimer et de vivre, toi qui as choisi l’honneur et non la servitude, toi le défenseur des idées qui dérangent car elles sont vraies et pures. Toi qui hurles la bouche fermée, qui pleures les yeux secs, qui subis les poings serrés, qui meurs avec un cœur qui bat encore... Mais voilà qu’il revient, ce soleil, le sauveur de nos âmes. Il finit toujours par chasser les nuages, tout comme la patience et notre foi en Dieu, en nous, en la vie, finit par triompher de nos peines. Article paru le samedi 8 novembre 2008
Le mauvais temps ramène inévitablement à la surface de mon cœur tous mes élans de triste compassion et ne me viennent, à ce moment-là, que des idées dont la couleur n’a rien à envier à celle des nuages. Je pense alors à tous ceux qui souffrent dans leur âme comme dans leur chair.
Toutes mes pensées vont naturellement vers toi...
Toi, l’enfant battu et maltraité, qui se croit fautif pour avoir causé de telles colères, qui ne sait plus vers qui se tourner.
Toi, la personne âgée que plus personne n’écoute, toi qui es pourtant une source inépuisable de conseils et de belles histoires de famille.
Toi, la mère, toi qui te donnes sans rien attendre en retour, toi qui dois être capable de couver tes enfants sans les étouffer, toi qui pleures lorsque leurs ailes poussent, même si cela est ton plus cher...