« Miser sur le temps pour une meilleure compréhension mutuelle » ; « Comprendre le flux historique pour un meilleur choix pour l’avenir du Liban », tels sont les deux thèmes développés respectivement par les ministres de l’Information et de la Culture, MM. Tarek Mitri et Tammam Salam, lors de la table ronde organisée, à l’hôtel Le Bristol, dans le cadre du symposium international sur « les échanges en Méditerranée orientale à l’âge du bronze et du fer ». Ont également pris part à cette rencontre, placée sous le thème « Le Liban moderne et la Méditerranée », MM. Theodor Hanf (AUB) et Nadim Shehadi (Chatham House). « Tolérance », « ouverture », et « mémoire » pour éviter les conflits et favoriser le dialogue sont les termes préconisés par les ministres pour faire le lien entre le passé (les IIIe et IIe millénaires avant J-C) et l’avenir.
Survolant le passé à partir des croisades, Theodor Hanf a ingénieusement rappelé les contacts et les conflits en Méditerranée, dans un rapide aperçu historique. Nadim Shehadi a dressé le portrait du marchand levantin du début du siècle et ses multiples facettes méditerranéennes, qui font de lui le Libanais d’aujourd’hui.
Signalons aussi qu’un important auditoire était présent pour écouter les prestigieux intervenants invités, rappelons-le, à l’initiative de Claude Doumet Serhal, par la Lebanese British Friends of the National Museum au symposium international qui rassemble à l’hôtel Le Bristol, 42 archéologues réunis autour du même thème.
Durant la première journée, mercredi 6 novembre, consacrée à l’âge du bronze ancien, neuf conférences ont été présentées. Les sites libanais de Tell Arqa (Jean-Paul Thalmann), Byblos (Mountaha Saghieh), l’urbanisation à Byblos (Yasmine Makaroun), la tombe de Mecchane (Assaad Seif) et Tell Fadous-Kfarabida (Hermann Genz) ont fait l’objet de passionnantes présentations.
D’autres sujets relatifs aux impressions de sceaux sur jarre (Stefania Mazzoni), ou au matériel des tombes de Byblos (Gassia Artin), à l’outillage lithique (Corine Yazbeck), et aux textes datant des 3e et 2e millénaires (Bertrand Lafont) ont été développés.
Au courant de la deuxième journée, jeudi 6 novembre, 13 présentations concernant l’époque cananéenne se sont succédé. Toujours portant sur le thème des échanges, les influences qui apparaissent tant dans l’architecture que dans le matériel découvert durant les fouilles sont soulignées. À partir de quelques sites du Liban comme Tell Burak (Hélène Sader), Sidon (Claude Doumet-Serhal), Tell Arqa (Hanan Charaf), Kamed el-Loz (Marlies Heinz) ou de Syrie comme Tell Kazel (Leila Badr), Ebla (Lorenzo Nigro et Frances Pinnock), d’Égypte comme Tell el-Dab’a (Manfred Bietak et Irene Forstner-Mullet et Karin Kopetzky), de Crête (Alexander Mac Gillivray), ce sont les importations d’objets entre les différentes cités du 2e millénaire du Levant, de Syrie, d’Égypte, qui sont présentées. Divers aspects des interconnexions sont mis en valeur et permettent de mieux comprendre les liens qui rapprochaient les peuples de la Méditerranée à cette époque.
Aujourd’hui, vendredi 7 novembre, les intervenants aborderont le bronze ancien et l’âge du fer. Prendront la parole Vassos Karageorghis, Nicolas Grimal, Nota Kourou Annie Caubet, Pierre Bordreuil (remarques sur le vocabulaire cananéen de Sidon et Tyr), la célèbre Honor Frost se penchera sur les figurines de Knossos et de Gwasis et Maria Eugenia Aubet et Francisco Nunez sur les matéraiaux importés à Tyr. Une approche des relations commerciales de Byblos à l’âge du fer sera donnée par Grace Homsy-Gottwalles et quelques réflexions sur les figurines de terre cuite de l’âge du fer au Levant, par Élisabeth Fontan. À l’affiche également de cette journée John Curtis, Hartmut Matthaeus, Eric Gubel, Gerta Maab-Lindermann Eleftheria Pappa et Francesca Onnis.
Cette manifestation organisée en collaboration avec la Direction générale des antiquités n’aurait pu être menée à bien sans l’aide des sponsors suivants : M. Saad Hariri, la Banque Byblos, les ambassades d’Autriche, de Belgique, d’Italie, d’Allemagne et de Grèce, ainsi que Ksara.
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