de Lélia Mezher
Nous y (re)voilà. Un dialogue national tant promis, tellement ajourné – pour en faire un non-événement ? – qu’il a réussi à se faire oublier discrètement, sans vraiment faire de bruit. Tant bien que mal, il a refait surface, tout d’abord parce que chose promise, chose due…
Le dialogue national va donc reprendre mais, et c’est bien dommage, pas dans sa version reliftée. Un peu de cosmétique n’aurait pourtant fait de mal à personne. Les participants auront toutefois préféré se noyer dans des joutes verbales sans fin sur le nombre de convives. Sur la forme donc, et en s’appuyant au passage sur la notion de légitimité. Dans une acception normale du terme, la légitimité se fonde sur le degré de représentativité des personnalités concernées par ce dialogue. Or, à l’approche des élections législatives, cette notion devient de plus en plus chère aux diverses personnalités publiques qui aspirent à renouveler leur mandat. D’où le débat sans fin et sans fond sur l’opportunité de tel ou tel responsable de prendre part ou non à la « table » de dialogue. Preuve que, ronde ou pas, cette table finit toujours par générer des désaccords avant même qu’on s’y installe.
Mais au-delà de cette épineuse problématique, il serait peut-être temps de passer à autre chose. Aux sujets de fond, par exemple. Ceux susceptibles d’être débattus. À l’ordre du jour, au temps de parole de chacun, à la nature des décisions qui devront être prises. Bref, se fixer tout simplement un but à atteindre. Ou pas. Mais se le fixer quand même. Et arrêter de tenter de faire croire à la planète entière que les enjeux sont flous, car ils ne le sont pas. Un exemple en live ? La bataille présidentielle aux États-Unis. Non, là-bas, il ne pouvait y avoir deux gagnants. C’était l’un ou l’autre. Les deux, c’est impossible. Cette réalité – certes difficile à accepter – a d’abord dû être assimilée par les deux candidats avant que chacun, Barack Obama d’un côté et John McCain de l’autre, ne se lance de manière effrénée dans la bataille. Pourtant, cela ne les a pas empêchés, chacun de son côté, de se donner, d’y croire jusqu’au bout, bien au contraire. Parce qu’il faut aussi avoir cette qualité-là pour être un chef.
Sur un plan interne, la comparaison peut paraître facile, voire ridicule. Pourtant, certaines choses simples méritent d’être rappelées lorsque la logique et le bon sens les plus élémentaires semblent avoir été sciemment relégués aux oubliettes. Non, il ne peut y avoir aucun vaincu. Ni aucun vainqueur. Le seul vainqueur – au risque de faire cliché, mais faut-il s’en excuser ? – demeure l’État. Dans cette optique-là, il n’y a en effet aucun perdant. Seulement, lorsque le critère n’est autre que l’intérêt étroit des uns et des autres, le schéma s’embrouille un peu. Et le dialogue avec.
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