L’engagement du futur président à réduire la dépendance pétrolière des États-Unis ne constitue pas un risque, estiment des experts régionaux.
Durant sa campagne, Barack Obama a insisté sur la nécessité pour l’Amérique, premier consommateur et premier importateur de pétrole au monde, de réduire ses importations de brut, notamment en provenance du Moyen-Orient.
Or, les recettes pétrolières constituent plus de 80 % des revenus des six monarchies arabes du Golfe. Les exportations de brut leur ont rapporté quelque 2 000 milliards de dollars ces six dernières années, selon les estimations.
« Il n’y aura aucun problème pour les pays du Golfe dans l’avenir immédiat même si Obama parvient à appliquer sa politique », a déclaré l’économiste saoudien Ali al-Dakkak. « Quoi que fassent les États-Unis, ils devront continuer à importer du pétrole pendant très longtemps », a-t-il dit à l’AFP.
M. Obama a affirmé pendant la campagne que les États-Unis devaient réduire leur consommation d’énergie par la mise en service de véhicules consommant moins ou fonctionnant avec des carburants autres que les hydrocarbures. Il a également atténué son opposition à une proposition de loi visant à permettre la reprise de l’exploration offshore aux États-Unis afin d’accroître la production intérieure de brut.
Mais pour M. Dakkak, même s’ils accroissent leur production intérieure, les États-Unis ne pourront pas faire baisser les prix en raison des coûts de production très élevés dans ce pays.
Après avoir atteint un niveau record de 147 dollars en juillet, le cours du baril de brut a chuté de plus de la moitié pour se situer aux alentours de 60 à 70 dollars en raison des risques de récession mondiale et donc de baisse de la demande.
L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), dont le chef de file est l’Arabie saoudite, a décidé en octobre de réduire sa production de 1,5 million de barils par jour (bj) pour freiner cette baisse des cours. L’Arabie saoudite et les cinq autres monarchies pétrolières du Golfe produisent de 14 à 15 millions bj, soit près de 20 % des besoins mondiaux.
Ces six pays, qui détiennent environ 45 % des réserves mondiales prouvées de brut, exportent quelque 13 millions bj, mais seulement 10 à 12 % de ce total va vers les États-Unis, souligne l’expert koweïtien Hajjaj Boukhdour. « Les États du Golfe ne seront pas affectés par une nouvelle politique américaine en matière d’énergie, quelle qu’elle soit, en raison de leurs immenses réserves, dont l’importance est appelée à s’accroître au fur et à mesure que la production diminue dans d’autres régions », a-t-il poursuivi.
Les réserves de brut des pays du CCG ainsi que celles de l’Irak et de l’Iran constituent actuellement environ 65 % des réserves mondiales totales et « à moyen terme, elles deviendront la source principale de brut, dans la mesure où la production des autres régions diminuera », a expliqué M. Boukhdour à l’AFP.
Bien qu’ils se disent convaincus que le Golfe ne souffrira pas de la politique énergétique du futur président des États-Unis, ces experts estiment toutefois préférable de se préparer à toute éventualité.
« Nous devons chercher par précaution d’autres marchés, même si les chances de voir les États-Unis réduire leurs importations de pétrole en provenance du Golfe semblent extrêmement minces », résume M. Boukhdour.
Ils ont d’ailleurs déjà commencé, l’Arabie saoudite ayant augmenté récemment ses exportations de brut vers l’Asie, notamment la Chine. Mais les besoins pétroliers des pays asiatiques pourraient baisser si le risque de récession économique se concrétise.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’engagement du futur président à réduire la dépendance pétrolière des États-Unis ne constitue pas un risque, estiment des experts régionaux.
Durant sa campagne, Barack Obama a insisté sur la nécessité pour l’Amérique, premier consommateur et premier importateur de pétrole au monde, de réduire ses importations de brut, notamment en provenance du Moyen-Orient.
Or, les recettes pétrolières constituent plus de 80 % des revenus des six monarchies arabes du Golfe. Les exportations de brut leur ont rapporté quelque 2 000 milliards de dollars ces six dernières années, selon les estimations.
« Il n’y aura aucun problème pour les pays du Golfe dans l’avenir immédiat même si Obama parvient à appliquer sa politique », a déclaré l’économiste saoudien Ali al-Dakkak. « Quoi que fassent les États-Unis, ils...