Lettre ouverte aux leaders chrétiens
À cet instant précis où les chrétiens du Moyen-Orient et spécialement ceux d’Irak subissent les pires sévices vous êtes en train, Messieurs, de vous étriper et d’affaiblir d’une manière honteuse la position de la chrétienté dans ce dernier pôle de liberté que représente le Liban.
Je voudrais dire aux leaders chrétiens du Liban, qu’ils soient du 14 ou du 8 Mars, que le moment est trop sensible pour se permettre encore des provocations et des insultes, car chaque parole dite est une pierre retirée de l’édifice national, qui doit demeurer inébranlable devant ces projets sataniques qui sont en train de s’édifier dans nos régions.
Nous, les chrétiens du Liban, nous, la majorité silencieuse qui comprend des maronites, des orthodoxes, des grecs-catholiques, des protestants, des arméniens, des minoritaires de toutes les communautés religieuses, refusons de faire partie d’un quelconque pôle.
Notre pays doit demeurer en dehors de toutes les tensions. Nous demandons une protection augmentée des forces internationales et cette politique d’affaiblissement du patriarcat maronite que certains leaders, hélas chrétiens, sont en train de suivre est suicidaire et peut mener à notre élimination.
Cela suffit !… Faites du Liban une Suisse du Moyen-Orient, qui accueillerait toutes les minorités persécutées dans les pays voisins.
Nous demandons spécialement au général Michel Aoun et à l’ex-ministre Sleimane Frangié d’oublier leurs rancœurs.
C’est seulement au patriarche maronite Nasrallah Sfeir et au président Michel Sleiman de défendre notre position. Le peuple chrétien de toutes les régions du Liban a peur, et c’est seulement notre regroupement qui pourra empêcher les profiteurs et les envahisseurs de ruiner notre beau pays.
Raymond NAHAS
1 109 675 Libanais
Un million cent neuf mille six cent soixante-quinze : tel était le nombre d’habitants, entre résidents émigrés et étrangers, d’après les chiffres du recensement du 23 octobre 1932 publiés dans divers quotidiens de l’époque, dont L’Orient et al-Haress. Sept cent quatre-vingt-treize mille trois cent quatre-vingt-seize était le nombre de résidents toutes confessions confondues et vivant d’une façon continuelle sur le sol libanais. Les étrangers étaient au nombre de soixante et un mille deux cent quatre-vingt-douze. Quant à nos émigrés, ils étaient au nombre de deux cent cinquante-quatre mille neuf cent quatre-vingt-sept. À noter que parmi ces derniers, même en résidant à l’étranger, plus de quatre-vingt et un mille personnes payaient toujours leurs taxes au nouveau gouvernement libanais.
Ces statistiques publiées étaient le fruit des efforts du premier président libanais réformateur sous le mandat français, Charles Debbas. Un président qui, face à une crise économique mondiale qui ressemble à celle que le monde vit aujourd’hui, décida de réduire son salaire annuel de vingt-deux mille livres à quinze mille livres par an. Puis ce sera le tour des écoles de réduire leurs scolarités de 90 livres pour les internes et 22 livres pour les externes.
Aujourd’hui qu’il est triste de constater, malgré l’invention des ordinateurs, l’absence de statistiques fiables. Choquant de savoir aussi que plus de 40 % de nos espaces verts ne sont pas lotis depuis l’ère des Ottomans. Enfin, qu’à 80 % de nos procès concernent les loyers, dont certains datent de l’ère de l’indépendance.
Antoine SABBAGHA
NDLR
Dans le nombreux courrier que nous recevons quotidiennement, certaines lettres comportent des passages qui seraient difficilement publiables. Pour cette raison, et aussi afin de faire paraître le plus grand nombre possible de lettres, le journal se réserve le droit de n’en reproduire que les parties les plus significatives et d’en rectifier certains termes désobligeants. En outre, chaque missive doit comporter la signature (nom et prénom) de son auteur. Les lecteurs, nous en sommes certains, le comprendront, ce dont nous les remercions par avance.
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