Les valeurs phares de la Bourse de Beyrouth en chute libre.
Suivant la tendance mondiale, la Bourse de Beyrouth a accusé hier une forte baisse, l’indice BLOM reculant de 6,59 %. La chute la plus spectaculaire a été celle des actions Solidere, qui ont perdu plus de 14 %, clôturant à 18 dollars, après avoir frôlé le seuil des 40 dollars en juillet dernier. Les valeurs bancaires n’ont pas non plus été épargnées, notamment les certificats GDR de Bank Audi et de BLOM Bank, ainsi que les actions ordinaires de Byblos Bank.
Ce mouvement de baisse s’explique partiellement par la réaction des investisseurs face au recul des Bourses mondiales et régionales. « Certains investisseurs se retrouvent en manque de liquidités et sont obligés de vendre leurs actions au Liban, d’autres doivent couvrir leurs marges », affirme le responsable du département de recherche de Byblos Bank, Nassib Ghobril.
Mais le facteur le plus déterminant est « la crise de confiance aux niveaux mondial et régional », qui détourne les investisseurs des Bourses, ajoute-t-il.
Le faible volume des échanges, comparé à la baisse conséquente des cours, témoigne en effet de la réticence des acheteurs potentiels, alors que les prix actuels des actions libanaises pourraient être attractifs. « Les investisseurs ne saisissent pas les opportunités car tous les jours, les prix baissent un peu plus », explique Nassib Ghobril. « Mais la Bourse de Beyrouth reste relativement épargnée comparativement aux autres marchés arabes », ajoute-t-il, en soulignant que la baisse de l’indice BLOM s’élève à 16,7 % depuis le début de l’année, contre une baisse de 51,6 % en Arabie saoudite (sur la même période), de 50,7 % à Dubaï et de 54 % en Égypte.
La Bourse de Beyrouth a été moins touchée car « il n’y a pas eu une hausse vertigineuse des prix des actions avant la crise et parce que la valeur des actions libanaises dépasse leur cours de cotation », a expliqué le directeur de la Bourse de Beyrouth, Fadi Khalaf, lors d’une conférence organisée par le RDCL. « Mais cela ne doit pas nous faire croire que le Liban est une île isolée, a-t-il ajouté. Les investisseurs sur le marché local ont tous été affectés par la crise, que ce soit les Arabes, les expatriés ou les investisseurs locaux, qui ont également des placements à l’étranger ».
Toutefois, les investisseurs ne seront sans soute pas les seuls à être affectés. « La crise aura un impact dans tous les coins de la terre, a estimé à cette occasion le président du RDCL, Camille Menassa. Elle ne s’arrêtera pas aux secteurs immobilier, financier ou boursier, elle affectera également les services, le commerce, l’agriculture et autres. »
Et dans cette configuration, l’économie libanaise ne devrait pas sortir indemne de la crise. Ces perspectives négatives commencent-t-elle à peser, elles aussi, sur la Bourse de Beyrouth, notamment sur les actions de Solidere ? Non, répond Nassib Ghobril, qui ne voit pas dans la chute des cours l’impact de facteurs fondamentaux, du moins pour le moment. Car à terme, « il est irréaliste de penser qu’un ralentissement mondial n’aura aucun effet sur l’activité au Liban, sachant que notre économie est ouverte sur le monde et de plus en plus dépendante de la diaspora », reconnaît-il.
L’institut Economist Intelligence Unit (EIU) a d’ailleurs été le premier à s’inquiéter de l’impact à long terme de la crise sur l’économie libanaise. Il a ainsi largement revu à la baisse ses estimations de croissance en 2009, de 4,6 % à 3,1 %. Outre les incertitudes politiques liées aux élections législatives, cette révision a été attribuée aux conséquences d’un ralentissement mondial « qui devrait avoir un impact indirect sur le tourisme local ainsi que sur les secteurs de l’immobilier, de la construction et financier », souligne le rapport, cité par Lebanon this Week de Byblos Bank.
Une bonne nouvelle, toutefois, sur le front de l’inflation : EIU prévoit un taux d’inflation de 6 % en 2009, contre 12 % estimés en 2008.
S. A.
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Suivant la tendance mondiale, la Bourse de Beyrouth a accusé hier une forte baisse, l’indice BLOM reculant de 6,59 %. La chute la plus spectaculaire a été celle des actions Solidere, qui ont perdu plus de 14 %, clôturant à 18 dollars, après avoir frôlé le seuil des 40 dollars en juillet dernier. Les valeurs bancaires n’ont pas non plus été épargnées, notamment les certificats GDR de Bank Audi et de BLOM Bank, ainsi que les actions ordinaires de Byblos Bank.
Ce mouvement de baisse s’explique partiellement par la réaction des investisseurs face au recul des Bourses mondiales et régionales. « Certains investisseurs se retrouvent en manque de liquidités et sont obligés de vendre leurs actions au Liban, d’autres doivent couvrir leurs marges », affirme le...