Les membres durs de l’OPEP font pression pour que le cartel réduise fortement sa production aujourd’hui lors de sa réunion d’urgence, mais ils devraient se heurter à la volonté de l’Arabie saoudite et ses alliés du Golfe de ménager les pays consommateurs plongés dans la crise.
En l’espace de trois mois et demi, les prix du pétrole ont perdu plus de la moitié de leur valeur. D’un record de 147,50 dollars le 11 juillet, ils sont tombés avant-hier sous les 65 dollars. Face à l’effondrement des prix, les ministres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) se réuniront d’urgence aujourd’hui à Vienne.
Le ministre algérien du Pétrole et des Mines Chakib Khelil, qui préside l’OPEP cette année, a affirmé hier lors d’un entretien que le cartel allait « réduire » sa production.
« De combien ? Nous ne le savons pas. Nous allons décider demain (aujourd’hui) », a-t-il ajouté.
« Il y a un consensus sur une baisse », mais pas sur son ampleur, a renchéri le ministre vénézuélien Rafael Ramirez, précisant que l’OPEP souhaitait enrayer la chute des prix et non pas défendre des prix élevés.
M. Ramirez, habituellement un « dur » de l’OPEP, adoptait ainsi un ton conciliant.
Son homologue iranien, Gholam Hossein Nozari, a, lui, mené l’offensive des faucons du cartel, réclamant une baisse de production de quelque deux millions de barils par jour (mb/j).
Le chef de la délégation libyenne, Choukri Ghanem, se range depuis quelques mois à ses côtés pour défendre des prix élevés et a, lui aussi, souhaité « une énorme baisse » de 2 mb/j pour ramener le marché à l’équilibre.
Le puissant ministre saoudien du Pétrole, le chef de file du cartel Ali al-Nouaïmi, est resté très discret. Interrogé sur l’ampleur de la baisse de production envisageable, il s’est contenté de répondre : « Qui a dit quoi que ce soit sur une baisse ? »
Pour l’analyste David Kirch de PFC Energy, Riyad « est partant pour une baisse d’un million de barils par jour », mais devrait exiger que d’autres pays participent à l’effort de réduction, « en premier lieu l’Iran et le Venezuela ».
Mohammad al-Olaïm, ministre du Pétrole du Koweït et traditionnel allié de Riyad, a souligné, à son départ pour Vienne, qu’il y avait « un excédent sur le marché » et qu’il fallait y remédier.
Un avis partagé par le ministre qatari du Pétrole, Abdallah al-Attiyah, qui a plaidé ces derniers jours pour une baisse d’au moins 1 million de barils/jour.
« Nous sommes inquiets en raison de la chute des prix très importante », a insisté son homologue émirati, Mohammad el-Hameli.
Mais selon le ministre koweïtien, l’OPEP est également préoccupée par la crise financière en cours.
Le ministre qatari, « dans ce secteur depuis 35 ans , a avoué n’avoir « jamais vu une telle crise ».
Selon une étude de la National Bank of Kuwait (NBK), les modérés de l’OPEP n’accepteraient pas une réduction de plus de 1 mb/j.
Chakib Khelil a lui aussi insisté sur le fait que l’OPEP ne voulait pas « aggraver la crise financière en décidant une baisse trop importante », de « 3 mbj » par exemple, tout en remarquant qu’une baisse trop modeste ne calmerait pas la spirale baissière des prix.
La semaine dernière le Premier ministre britannique Gordon Brown avait jugé « absolument scandaleux » que les pays de l’OPEP envisagent de réduire leur production « afin de faire remonter les prix ». Il avait ajouté qu’il allait « certainement tenter d’empêcher cela ».
Enfin, pour l’analyste David Kirch, l’OPEP s’inquiète moins des prix à court terme que de « les stabiliser à plus long terme à un niveau acceptable ». S’il n’y a pas de consensus au sein du groupe sur un tel niveau, il souligne qu’il se situe « entre 80 dollars le baril et 100 dollars » mais « certainement pas à 50 dollars ».
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En l’espace de trois mois et demi, les prix du pétrole ont perdu plus de la moitié de leur valeur. D’un record de 147,50 dollars le 11 juillet, ils sont tombés avant-hier sous les 65 dollars. Face à l’effondrement des prix, les ministres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) se réuniront d’urgence aujourd’hui à Vienne.
Le ministre algérien du Pétrole et des Mines Chakib Khelil, qui préside l’OPEP cette année, a affirmé hier lors d’un entretien que le cartel allait « réduire » sa...