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Actualités - Interview

Interview Près de cinq milliards de dollars d’IDE prévus en 2009

Bachir EL-KHOURY Le président de l’Autorité de développement des investissements (IDAL), Nabil Itani, affiche son optimisme en dépit de l’assombrissement des perspectives de croissance mondiale. L’Orient-Le Jour : Quel a été le comportement des investisseurs étrangers en 2008? Quel bilan dressez-vous des dix premiers mois ? Nabil Itani : « Afin de bien cerner le comportement des investisseurs en 2008, il serait judicieux de diviser l’année en deux périodes : l’avant et l’après-Doha. Les six premiers mois de l’année s’inscrivent, malgré quelques nuances, dans la continuité des trois années précédentes marquées par l’instabilité sur les plans politique et sécuritaire. Le terrain n’était donc pas propice à un développement à grande échelle des investissements au Liban. Durant cette période, l’attentisme était maître du jeu. L’accord de Doha a, en revanche, marqué une sorte de rupture avec cette longue phase : non seulement il a permis de pacifier le conflit politique interne, mais il a aussi et surtout permis de rétablir la confiance des investisseurs étrangers dans l’avenir du pays. Depuis, plusieurs projets qui avaient été gelés ont de nouveau redémarré, notamment au centre-ville de Beyrouth. C’est le cas, par exemple, de quatre mégaprojets d’une valeur totale de deux milliards de dollars, suspendus au lendemain de la guerre de juillet 2006, dont le Phoenician Village, le Beirut Gate et le Landmark (le seul soutenu par IDAL parmi ces projets). S’ajoutent à cela de nouveaux projets en gestation, dont l’annonce officielle aura lieu a priori au début de 2009. En ce qui concerne IDAL spécifiquement, nous avons reçu jusqu’à fin septembre des demandes pour trois projets d’une valeur totale de 100 millions de dollars. Le nombre de demandes pourrait même augmenter d’ici à décembre. En attendant, je peux affirmer qu’en dépit de la situation qui a prévalu au premier semestre, le bilan de l’année 2008 sera dans l’ensemble positif. En termes d’investissements directs étrangers (IDE), la tendance est d’ailleurs à la hausse depuis 2005, malgré toutes les secousses. Selon le dernier rapport mondial sur l’investissement, les IDE au Liban ont augmenté de 3,9 % en 2007 pour atteindre 2,85 milliards de dollars. De plus, le pays a été classé, dans ce rapport, 10e sur 141 pays et 2e dans la région, selon l’indice de performance des investissements. Tous ces indicateurs sont rassurants. » OLJ : Quel sera, selon vous, l’impact de la crise financière mondiale sur l’afflux des investissements au Liban ? Y a-t-il des secteurs, comme le secteur immobilier, qui seront affectés plus que d’autres ? N.I. : « Le Liban n’est pas complètement à l’abri de cette crise, surtout si la récession économique sur le plan mondial venait à se confirmer. Un ralentissement de l’activité économique à l’échelle planétaire affecterait sans aucun doute les grands groupes mondiaux, et par conséquent, leurs investissements à l’étranger, le Liban inclus. Cependant, je peux affirmer qu’en dépit de cette conjoncture internationale et des perspectives sombres concernant l’économie mondiale, le Liban pourrait échapper à un éventuel resserrement des investissements pour deux raisons principales : d’abord, le pays renoue avec la stabilité après plus de 36 mois de précarité sur les plans sécuritaire et politique. Cela impliquerait donc un retour en force d’une dynamique d’investissements dans le pays, dopée par un effet correctionnel qui consiste à récupérer le cumul des manques à gagner sur les trois dernières années. Ensuite, grâce à la politique conservatrice des autorités monétaires, le Liban pourrait bénéficier d’un afflux de capitaux fuyant les marchés internationaux. Les investissements pourraient se tourner vers trois secteurs particulièrement porteurs que sont l’industrie alimentaire, les nouvelles technologies et le tourisme. Ce dernier sera doute le secteur le plus prisé. Quant à l’immobilier, il ne sera pas affecté comme le font entendre certains analystes. Il devrait bénéficier, au même titre que les autres secteurs, de l’entrée de capitaux, surtout ceux des investisseurs arabes qui cherchent à diversifier leurs portefeuilles et à remplacer une partie de leurs placements boursiers par des investissements réels, notamment fonciers. » OLJ : Quelles sont vos prévisions pour 2009 ? Existe-t-il de futures initiatives pour attirer les investissements ? N.I . : « Le Liban devrait bénéficier d’un grand nombre de projets d’investissements en 2009 si aucun incident majeur n’a lieu et que les élections législatives prochaines se déroulent dans un climat calme et démocratique. Leur montant total pourrait s’élever à cinq milliards de dollars. IDAL s’active donc pour accompagner la vague d’investissements attendus. Nous œuvrons à l’heure actuelle à développer le “business matching”, un des services fournis par l’autorité et qui consiste à coordonner investisseur et terrain d’investissement dans le but d’optimiser le nombre de projets dans plusieurs secteurs. La création de zones économiques spéciales est une nécessité à ce niveau pour attirer plus d’investisseurs et leur offrir le cadre légal, financier et géographique idéal pour leur établissement au Liban. »
Bachir EL-KHOURY

Le président de l’Autorité de développement des
investissements (IDAL), Nabil Itani, affiche son optimisme en
dépit de l’assombrissement des perspectives de croissance mondiale.

L’Orient-Le Jour : Quel a été le comportement des investisseurs étrangers en 2008? Quel bilan dressez-vous des dix premiers mois ?
Nabil Itani : « Afin de bien cerner le comportement des investisseurs en 2008, il serait judicieux de diviser l’année en deux périodes : l’avant et l’après-Doha. Les six premiers mois de l’année s’inscrivent, malgré quelques nuances, dans la continuité des trois années précédentes marquées par l’instabilité sur les plans politique et sécuritaire. Le terrain n’était donc pas propice à un développement à grande échelle des investissements au Liban. Durant cette...