Les dirigeants du secteur gazier en sommet international hier à Paris ont lancé un avertissement concernant l’impact de la crise financière sur leurs activités.
La crise financière menace la réalisation, souvent très coûteuse, des projets d’infrastructures gazières, du fait de la restriction des conditions de crédit et de la baisse du prix des hydrocarbures.
Les dirigeants du secteur, réunis hier à Paris pour le sommet international du gaz, ont lancé un avertissement. L’impact sur le secteur gazier des turbulences sur les marchés financiers « sera certainement significatif », a prévenu, dès l’ouverture du sommet, Gérard Mestrallet, PDG du groupe énergétique français GDF-Suez.
L’industrie énergétique fait face à un défi financier important, car elle a des « besoins d’investissements considérables », a souligné M. Mestrallet. Or ce défi financier est « aggravé par la crise », a-t-il ajouté.
Le PDG de GDF-Suez a précisé que les projets en cours ou déjà financés par des emprunts bancaires ne devraient toutefois pas être menacés. « Ce qui est conclu est conclu », a-t-il lâché.
En revanche, il a jugé « inévitables » des « tensions dans les tout prochains mois » pour les projets réalisés grâce à des « montages financiers sophistiqués » ou avec un recours élevé à l’endettement.
« L’assèchement du crédit réduit les liquidités disponibles pour de nouveaux investissements et en augmente le coût », a abondé Camillo Gloria, vice-président de la division Gaz du groupe pétrolier italien Eni.
Mais au-delà des problèmes de financement, l’industrie gazière craint aussi la baisse de la demande due au ralentissement économique, qui tire les prix vers le bas et risque de plomber la rentabilité des projets les plus coûteux.
« Il est clair que si les prix du pétrole tombent durablement sous les 70-75 dollars, de très nombreux projets vont être arrêtés ou ne pas être lancés », a souligné Pierre Terzian, directeur de la revue PétroStratégies.
M. Terzian a cité en exemple l’exploitation des réservoirs gaziers compacts, dits « tight gas », ou les gaz non conventionnels (notamment la liquéfaction du gaz de houille).
« On voit déjà l’impact de la crise dans le fait que les sociétés de petites tailles sont en train de réduire leurs investissements et de reporter beaucoup de projets », a-t-il remarqué.
Pour Claude Mandil, ancien directeur de l’Agence internationale de l’énergie, le ralentissement de la demande ne devrait cependant pas avoir des effets majeurs à long terme.
« La réduction de la demande sera une petite inflexion temporaire sur une courbe qui va rester à la hausse alors que la panne d’investissements aura des conséquences durables. C’est la difficulté devant laquelle nous sommes », a-t-il souligné.
Philippe Boisseau, directeur général de la branche Gaz & Electricité de Total, adopte le même raisonnement. « Si on veut une offre suffisante à l’horizon 2020, il faut se mettre au travail aujourd’hui », un projet de gaz liquéfié (GNL) nécessitant en moyenne une dizaine d’années pour aboutir, compte tenu de la durée des négociations, des études d’ingénierie et des travaux de construction.
« On est déjà dans une problématique d’investissements alors qu’on est au début d’une crise dont on n’a pas encore mesuré toute l’ampleur », a-t-il ajouté.
De nombreux projets de GNL (en Angola, au Qatar, au Yémen) entreront en production en 2009-2010, permettant de garantir une offre gazière confortable et un prix stable aux pays importateurs. Mais « entre 2013 et 2015 » le marché entrera dans une nouvelle période de forte tension, avec des prix élevés, a-t-il prédit, en raison du peu de projets existants ou en cours d’élaboration à cet horizon.
« Nous allons tout droit vers un nouveau choc pétrolier lorsque la demande reprendra », a acquiescé Pierre Terzian.
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La crise financière menace la réalisation, souvent très coûteuse, des projets d’infrastructures gazières, du fait de la restriction des conditions de crédit et de la baisse du prix des hydrocarbures.
Les dirigeants du secteur, réunis hier à Paris pour le sommet international du gaz, ont lancé un avertissement. L’impact sur le secteur gazier des turbulences sur les marchés financiers « sera certainement significatif », a prévenu, dès l’ouverture du sommet, Gérard Mestrallet, PDG du groupe énergétique français GDF-Suez.
L’industrie énergétique fait face à un défi financier important, car elle a des « besoins d’investissements considérables...