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Actualités - Opinion

Le point Pas lui, pas elle

de Christian Merville C’est (peut-être) arrivé demain… 4 novembre 2008 : John McCain est élu à une courte majorité président des États-Unis. Le 20 janvier 2009, il prête serment sur la Bible et entre officiellement en fonctions, avec Sarah Palin à ses côtés. Quelque temps après, les médecins qui le suivent de près – n’oublions pas qu’il est le plus âgé de tous les « numéros un » de l’histoire du pays – détectent la réapparition de son cancer de la peau qu’il traîne depuis une quinzaine d’années. Cette fois, l’attaque est sérieuse, nécessitant une intervention chirurgicale qui échoue. L’ancien sénateur de l’Arizona décède peu après. Scénario catastrophe ? Sans doute, mais qui pourrait malheureusement se transformer en terrible réalité. Propulsé à la tête du pays, l’adversaire de Barack Obama entrerait à la Maison-Blanche à l’âge de 72 ans, un record dans l’histoire du pays. Il serait aussi le premier survivant au terrible mal à accéder à la magistrature suprême. Une quatrième attaque de cancer ne pourrait que lui être fatale, après l’apparition en 1993 d’un mélanome à l’épaule gauche, puis de deux autres pour lesquels il avait dû subir une intervention chirurgicale majeure le 19 août 2000 à la Mayo Clinic de Scottsdale. De plus, ce grand blessé de guerre, dans l’incapacité de lever les bras plus haut que les épaules et gravement atteint au genou, souffre de calculs rénaux et d’un taux élevé de cholestérol pour lequel il prend, outre de l’aspirine pour enfant afin d’éviter un possible accident cardio-vasculaire, des comprimés de Vytorin. Ajoutez à cela la dose quotidienne de vitamines que tout Américain digne de ce nom se croit obligé d’ingurgiter, et enfin du Claritin ou du Flonase, deux antihistaminiques. Toutes ces données ont porté 2 700 médecins à faire paraître dans la presse, ces dernières semaines, un encart publicitaire pour réclamer la publication d’un rapport sur l’état de santé du candidat républicain qui serait plus révélateur que les 1 200 pages parues en mai dernier et qui n’avaient fait que rendre plus opaque la brume qui entoure la question. Mais le plus effrayant est encore à venir, évoqué au détour d’une phrase par Colin Powell quand l’ancien secrétaire d’État de George W. Bush avait jugé Sarah Palin « mal préparée à devenir présidente des États-Unis » dans le même temps qu’il apportait au candidat démocrate un soutien sans faille appelé à causer des dégâts irréparables dans les rangs de l’autre camp. La gouverneure de l’Alaska, kremlinologue avisée parce que l’État qu’elle dirige est limitrophe de la Russie, à la tête de la seule superpuissance mondiale, il y a là de quoi nourrir les insomnies du plus zen des hommes. Mieux vaudrait ne pas imaginer le dialogue entre cette « hockey mum », ainsi qu’elle se définit, et le diabolique Vladimir Poutine en cas de confrontation, ou encore sa gestion des conséquences du tsunami financier qui frappe le monde depuis plus d’un mois. Décidément, n’est pas Hillary Clinton qui veut et il serait bien difficile à la hillbilly de Wassila (son arpent de neige) de s’improviser du jour au lendemain leader du monde. Son colistier, lui, multiplie les pas de clerc, malgré ses vingt-sept ans au Sénat. Au point que Karl Rove lui-même, dans une tribune libre parue le week-end dernier, s’interroge, un rien perplexe : « Si le candidat du Grand Old Party réalise son objectif, il aura réussi la plus formidable remontée depuis Harry Truman en 1948 », vainqueur par un écart de quatre points et demi, alors que Thomas Dewey était donné largement en tête de la course. À l’époque, il y a lieu de le souligner, cette victoire avait permis au parti démocrate d’asseoir une suprématie qui s’était prolongée jusqu’en 1968. On en est loin, hélas, pour les républicains. À deux semaines de l’élection, nombreux sont les « Swing States » (les États indécis) qui s’apprêtent, s’ils ne l’ont déjà fait, à basculer dans le camp du parti de l’âne. On citera ainsi, entre autres (liste non exhaustive), le Colorado, la Floride, le Michigan, le New Hampshire, le Nouveau-Mexique, le Nevada, la Pennsylvanie, la Virginie, le Wisconsin, peut-être même le Missouri. La situation semble désespérée au point que McCain évoque déjà la possibilité d’une défaite et d’une retraite, qui, dit-il, ne serait pas faite pour lui déplaire. Encore une erreur tactique, car l’Amérique n’aime pas les perdants, encore moins ceux qui baissent les bras au beau milieu du combat. Heureusement que les stratèges veillent au grain, qui pallient le manque de combativité de leur poulain par des messages publicitaires de plus en plus virulents. Telles ces images où l’on voit un bureau Ovale vide pendant qu’une voix off dit, évoquant la situation financière dans le monde : « Cette crise serait la première d’Obama dans ce fauteuil, s’il venait à gagner. » Et aussi la première d’une certaine Sarah Palin… À la différence que l’un est bien mieux préparé que l’autre pour l’affronter.
de Christian Merville

C’est (peut-être) arrivé demain…
4 novembre 2008 : John McCain est élu à une courte majorité président des États-Unis. Le 20 janvier 2009, il prête serment sur la Bible et entre officiellement en fonctions, avec Sarah Palin à ses côtés. Quelque temps après, les médecins qui le suivent de près – n’oublions pas qu’il est le plus âgé de tous les « numéros un » de l’histoire du pays – détectent la réapparition de son cancer de la peau qu’il traîne depuis une quinzaine d’années. Cette fois, l’attaque est sérieuse, nécessitant une intervention chirurgicale qui échoue. L’ancien sénateur de l’Arizona décède peu après.
Scénario catastrophe ? Sans doute, mais qui pourrait malheureusement se transformer en terrible réalité. Propulsé à la tête du pays,...