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Actualités - Opinion

La chronique de Nagib Aoun Amalgames

Qu’est-ce qui motive les extrémistes et les fondamentalistes au Liban ? Qui manipule les terroristes et à quelle source s’abreuvent-ils ? Pourquoi cette nouvelle flambée d’actes criminels, cette succession de révélations sur des réseaux démantelés, des plans d’attentats éventés ? D’où viennent donc ces « jihadistes » qui ne sortent des ténèbres que pour s’y engouffrer à nouveau une fois leurs forfaits, leurs sales besognes accomplis ? Qui sont-ils, quel est leur nombre, qui sont leurs chefs, leurs commanditaires ? Leurs motivations sont-elles religieuses ou politiques, veulent-ils juste déstabiliser la scène libanaise ou ambitionnent-ils, comme on l’avait dit pour Fateh el-Islam après la tragédie de Nahr el-Bared, de constituer des émirats islamistes au Nord, au Sud, dans la Békaa ou ailleurs, là où les circonstances, guerres intestines, disparition de toute présence étatique, chaos généralisé le permettraient ? Utopie jihadiste ou plan prémédité ? Impossible de sonder les tréfonds d’esprits malades, simples illuminés ou docteurs Folamour, terrés, avec leurs ordinateurs, dans les caches indétectables d’Afghanistan ou du Waziristan, d’Irak ou du désert saoudien. Des interrogations en série auxquelles les autorités concernées n’ont pas encore donné de réponse précise, entretenant ainsi un flou nocif exploité sur l’autel de règlements de comptes indignes, de surenchères confessionnelles à forts relents électoraux. Libanais ou Palestiniens, Syriens ou Saoudiens, les salafistes jihadistes, installés ou infiltrés au Liban, sont quasiment des électrons libres, une nébuleuse intoxiquée aux idées qaédistes véhiculées par des « émirs » autoproclamés, professionnels de l’ubiquité. Un ogre enfanté sous les décombres de Kaboul, nourri aux prêches incendiaires d’ulémas saoudiens devenus bêtes noires du régime wahhabite dont ils n’étaient, au départ, que l’émanation. Un imbroglio qui remonte à la création du mythe Ben Laden, un monstre alimenté par les services américains pour lutter contre les communistes en Afghanistan et qui, naturellement, s’est retourné contre ses anciens maîtres. À partir de là, tous les amalgames devenaient possibles, les procès d’intention aussi, répercutés par ceux-là mêmes qui ont voulu faire des sunnites leurs têtes de Turc, leurs souffre-douleur : les jihadistes ont été envoyés au Liban par le régime saoudien et le Courant du futur les a accueillis en son sein pour combattre les chiites. C’est évidemment aller vite en besogne, oublier que la communauté sunnite a pressé l’armée d’en finir au plus vite avec les terroristes de Nahr el-Bared alors que le Hezbollah, par la bouche même de Hassan Nasrallah, assignait à la troupe des lignes rouges à ne pas transgresser. Politique politicienne indigne alors que se rapproche l’échéance électorale : pour les uns, l’essentiel est de discréditer Saad Hariri et Fouad Siniora, représentants de l’establishment sunnite, pour les autres, l’occasion est trop belle de détourner les regards du problème des armes du Hezbollah, surtout à la veille de la reprise des travaux du comité de dialogue, et de concentrer l’attention sur les « nouveaux barbares », sunnites très opportunément. Une menace qui semble arranger beaucoup de gens, beaucoup de courants, parce qu’elle sert parfaitement leurs desseins, qu’il s’agisse d’acteurs locaux ou de proches voisins. Une tumeur ancrée dans les camps palestiniens, dans les régions misérables, déshéritées du pays, un cancer qu’il est impératif d’éradiquer autant pour le risque qu’il représente que pour l’exploitation qui en est faite. Mais ne l’oublions pas : si les « jihadistes » ont fait irruption sur la scène libanaise, si les « nouveaux barbares » y ont élu domicile, c’est parce que le mal était déjà en place, un mal qui appelait un contre-mal. La cible est toujours la même : l’État, celui du droit et des institutions . Nagib AOUN
Qu’est-ce qui motive les extrémistes et les fondamentalistes au Liban ? Qui manipule les terroristes et à quelle source s’abreuvent-ils ? Pourquoi cette nouvelle flambée d’actes criminels, cette succession de révélations sur des réseaux démantelés, des plans d’attentats éventés ? D’où viennent donc ces « jihadistes » qui ne sortent des ténèbres que pour s’y engouffrer à nouveau une fois leurs forfaits, leurs sales besognes accomplis ?
Qui sont-ils, quel est leur nombre, qui sont leurs chefs, leurs commanditaires ? Leurs motivations sont-elles religieuses ou politiques, veulent-ils juste déstabiliser la scène libanaise ou ambitionnent-ils, comme on l’avait dit pour Fateh el-Islam après la tragédie de Nahr el-Bared, de constituer des émirats islamistes au Nord, au Sud, dans la Békaa ou ailleurs, là où...