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France Un drone antiviolence urbaine

Elsa (Engin léger de surveillance aérienne) coûte 35 000 euros environ, contre plusieurs milliers d’euros pour chaque heure de vol en hélicoptère. « On dirait un avion télécommandé, mais il peut voler par vent de 70 km/h pendant près de 45 minutes d’affilée » : la police française a présenté cette semaine à ses homologues européens son drone destiné notamment à lutter contre les violences urbaines. Expérimenté depuis février, Elsa, un avion sans pilote, équipé d’une caméra, ressemble à un modèle réduit sommaire en polystyrène blanc et pèse 1,2 kg pour une envergure d’1,5 m. Il est relié par radio à une mallette à partir de laquelle un policier programme son parcours et retransmet les images vers le poste de commandement, qui peut ainsi voir en temps réel et sur grand écran les personnes circulant de jour comme de nuit dans un quartier, un stade ou une zone frontalière. « En Grande-Bretagne, nous n’avons pas de drone, nous utilisons beaucoup l’hélicoptère, mais il exaspère les humeurs et déclenche des attroupements, alors que le drone est silencieux », souligne Martin Scother, commandant de police à Sheffield. « Nos collègues de Milan (Italie) en ont un, c’est très utile pour organiser le contrôle d’un stade ou surveiller nos frontières avec l’ex-Yougoslavie en mer », explique Santo Arcidiaco, officier de liaison de la police italienne à Paris, ajoutant : « L’avantage est tactique mais aussi économique. » La police de Bruxelles s’est dotée d’un drone il y a un an et demi, notamment pour aider les policiers à dresser les croquis d’accidents graves et surveiller les espaces verts la nuit. « Il permet d’économiser du personnel et de mieux cibler les interventions, mais notre engin est moins fiable que celui développé pour la police française, et nous parvenons rarement à l’utiliser : il est très sensible au vent et n’a pas de caméra infrarouge », regrette David Yansenne, chef de la police de Bruxelles Nord. La Belgique, l’Irlande et d’autres pays qui envisagent de s’équiper ont suivi les simulations du Centre technique de la sécurité intérieure française, lors d’un colloque sur les violences urbaines organisé dans le cadre de la présidence française de l’UE à Saint-Cyr-au-Mont-D’Or. Elsa n’a pas encore été utilisé sur des opérations réelles, mais « les fabricants français semblent en pointe pour ce type d’appareil », souligne M. Yansenne. Reste à savoir comment réagira l’opinion publique. Elsa a déclenché des polémiques, des hommes politiques dénonçant une « provocation » et la mise en place d’une surveillance excessive. Autre frein : la réglementation. Celle-ci ne prévoit en effet pas le vol de drones, en raison des risques de collision, à l’exception d’engins d’État et ce dans des conditions très strictes, « les plus strictes au niveau européen », assure Olivier Fohanno, chef du centre technique de la Sécurité intérieure française.
Elsa (Engin léger de surveillance aérienne) coûte 35 000 euros environ, contre plusieurs milliers d’euros pour chaque heure de vol en hélicoptère.
« On dirait un avion télécommandé, mais il peut voler par vent de 70 km/h pendant près de 45 minutes d’affilée » : la police française a présenté cette semaine à ses homologues européens son drone destiné notamment à lutter contre les violences urbaines.
Expérimenté depuis février, Elsa, un avion sans pilote, équipé d’une caméra, ressemble à un modèle réduit sommaire en polystyrène blanc et pèse 1,2 kg pour une envergure d’1,5 m. Il est relié par radio à une mallette à partir de laquelle un policier programme son parcours et retransmet les images vers le poste de commandement, qui peut ainsi voir en temps réel et sur grand écran les personnes...