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Actualités - Opinion

Quelle réconciliation ?

L’heure est au dialogue et à la réconciliation. Saad Hariri parraine les négociations entre les frères ennemis de Tripoli. Walid Joumblatt conclut une alliance électorale avec Talal Arslan. Les chefs maronites sont convoqués chez le patriarche pour sceller leur unité. Le seul dialogue congénital aux « zaïms » au sein d’une même communauté ou avec les pairs des autres confessions est celui de la canonnade d’une ruelle à l’autre, qui permet au vainqueur de s’affirmer en investissant l’État et en faisant main basse sur ses ressources. Mais cette fois-ci, le recours à la violence civile favorisera le Hezbollah, surarmé, qui ne souffrira aucun partage du pouvoir et fera du pays un protectorat iranien. Les protagonistes du dialogue, qui sont le pouvoir, le savent. Il convient donc d’écarter le spectre de la guerre car elle ruinerait leur position et leur pouvoir, car c’est bien de cela qu’il s’agit : d’intérêts et d’appétits privés peu avouables. La trêve – ne rêvons pas en parlant de paix – durera tant que les aspirants zaïms et les zaïms exclus du pouvoir, mais appuyés par la Syrie et l’Iran, ne recourront pas à la force pour s’asseoir eux aussi, eux d’abord, au banquet où figure en bonne place le butin arraché aux Libanais. Que faire pour éviter une guerre civile par génération ? La réforme par excellence. Celle de la loi électorale. Le système majoritaire actuel conforte l’emprise, voire la mainmise des zaïms sur leurs communautés, donc sur le pays. Lui substituer la proportionnelle, c’est redonner la parole aux Libanais, c’est permettre aux forces vives qui s’expriment d’accéder au Parlement pour transcrire dans les lois et le projet politique l’intérêt de la nation. En un mot, c’est redonner l’espoir à nos concitoyens, c’est-à-dire détourner une partie de ceux-ci de l’intégrisme religieux qui nous expose – tous – à la guerre civile et à l’intervention étrangère, et dissuader l’autre d’émigrer, laissant le pays exsangue et orphelin. En attendant, les Libanais se prennent à rêver en fredonnant gaiement : « Fallou el-zouama min loubnan, kibritt fina farhitna… (Les zaïms ont quitté le Liban, notre joie est grande)… » Mounir A. BEJJANI Général à la retraite
L’heure est au dialogue et à la réconciliation. Saad Hariri parraine les négociations entre les frères ennemis de Tripoli. Walid Joumblatt conclut une alliance électorale avec Talal Arslan. Les chefs maronites sont convoqués chez le patriarche pour sceller leur unité.
Le seul dialogue congénital aux « zaïms » au sein d’une même communauté ou avec les pairs des autres confessions est celui de la canonnade d’une ruelle à l’autre, qui permet au vainqueur de s’affirmer en investissant l’État et en faisant main basse sur ses ressources.
Mais cette fois-ci, le recours à la violence civile favorisera le Hezbollah, surarmé, qui ne souffrira aucun partage du pouvoir et fera du pays un protectorat iranien. Les protagonistes du dialogue, qui sont le pouvoir, le savent. Il convient donc d’écarter le spectre de la...