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Actualités - Chronologie

Conférence ministérielle Québec entre francophonie et paranoïa sécuritaire

QUÉBEC, de Gaby NASR Les ministres de la Culture des pays membre de l’OIF ont entamé les travaux préparatoires du XIIe sommet de la francophonie au milieu d’un dispositif de sécurité contraignant pour les médias. S’il est vrai que la ville de Québec vibre au rythme du 12e sommet de la francophonie, il est certain qu’elle tremble aussi pour la sécurité de ses hôtes. Jamais contraste n’aura été aussi frappant entre le climat quasi festif de la ville et l’ambiance empesée régnant à l’intérieur du Centre des congrès et du centre de presse y attenant. Il faut dire que Québec a fait doublement peau neuve au cours de ce mois : d’abord en raison des élections fédérales, qui viennent d’avoir lieu et qui ont vu fleurir un peu partout sur les panneaux d’affichage les portraits des candidats, et sur les places de marché les rencontres partisanes animées ; puis à cause du sommet de la francophonie, qui a été l’occasion de pavoiser la ville, notamment le boulevard René Lévesque, l’avenue Honoré Mercier et la rue principale menant à l’aéroport, de drapeaux, oriflammes et affiches géantes à la gloire de ce que les Québécois qualifient de « grande messe de la culture ». Est-il besoin de rappeler que dans ce morceau français du Canada, la défense de la langue française est un réflexe farouchement identitaire et que tout ce qui touche de près ou de loin à la culture est examiné à la loupe et vigoureusement protégé? Ce sont d’ailleurs les coupes budgétaires dans la culture, prévues dans le programme du Parti conservateur, qui ont en partie cassé la campagne électorale de Stephen Harper dans la Belle province. Le Premier ministre canadien devait effectivement y laisser des plumes. Beaucoup moins festive, en revanche, est l’ambiance à l’intérieur du Centre des congrès où ont débuté hier les travaux de la conférence ministérielle précédant le XXe sommet de la francophonie. Que de manigances et d’entourloupes pour rencontrer les délégués des pays participant à l’événement ! Reclus comme des pestiférés dans le centre de presse, les journalistes doivent se contenter d’attendre qu’un fonctionnaire ou un attaché de presse de leur pays vienne les rejoindre pour les mener vers le salon où des coins rencontres ont été aménagés. Il a ainsi fallu tout le savoir-faire et la débrouille de Marwa Akkari, directrice de cabinet de Tammam Salam, pour arranger un contact rapide avec le ministre de la Culture, une rencontre à la sauvette plus proche du rendez-vous galant que de l’entretien journalistique… Des précautions excessives qui confinent à la paranoïa, dans la mesure où journalistes et photographes ont été dûment sélectionnés, enregistrés et badgés. Tant et si bien que nombre de confrères se demandent s’il s’agit bien d’un sommet à caractère culturel ou d’une réunion du commandement militaire intégré de l’OTAN…
QUÉBEC, de Gaby NASR

Les ministres de la Culture des pays membre de l’OIF ont entamé les travaux préparatoires du XIIe sommet de la francophonie au milieu d’un dispositif de sécurité contraignant pour les médias.

S’il est vrai que la ville de Québec vibre au rythme du 12e sommet de la francophonie, il est certain qu’elle tremble aussi pour la sécurité de ses hôtes. Jamais contraste n’aura été aussi frappant entre le climat quasi festif de la ville et l’ambiance empesée régnant à l’intérieur du Centre des congrès et du centre de presse y attenant.
Il faut dire que Québec a fait doublement peau neuve au cours de ce mois : d’abord en raison des élections fédérales, qui viennent d’avoir lieu et qui ont vu fleurir un peu partout sur les panneaux d’affichage les portraits des candidats, et sur...