L’administration Bush s’est résignée hier à une politique d’interventionnisme prudent, en montant au capital de banques américaines fragilisées à hauteur de 250 milliards de dollars, tout en se défendant de vouloir « prendre le contrôle de l’économie de marché ».
Le secrétaire au Trésor Henry Paulson l’a reconnu sans peine hier en déclarant : « Nous regrettons d’avoir à prendre ces mesures. » Pourtant, personne cette fois n’a dénoncé un virage socialiste que seraient en train de prendre les États-Unis, à la différence de ce que l’on avait vu le mois dernier quand l’État s’était adjugé près 80 % du capital de l’assureur AIG.
Même le républicain Spencer Bachus, numéro deux de la commission des Services financiers de la Chambre des représentants, a salué l’initiative gouvernementale : « Une injection directe de capital est la façon la plus rapide, la plus directe et la plus sûre d’utiliser l’argent des contribuables pour calmer l’agitation des marchés qui menace notre économie et ramener la confiance », a-t-il dit.
Quant au nouveau prix Nobel d’économie Paul Krugman, proche du camp démocrate, il a salué une approche qui, selon lui, s’apparente au « rooseveltisme » qui avait permis de sortir de la grande dépression. « Nous n’allons pas revenir à Karl Marx, mais nous allons redécouvrir des choses qu’avait découvertes Franklin Roosevelt il y a 75 ans », a déclaré sur la télévision CNBC l’économiste de l’Université Princeton, en rappelant que « laisser les marchés se débrouiller avait été désastreux dans les années 1930 et nous a de nouveau amenés au bord du désastre ».
De nombreux analystes financiers et des universitaires avaient préconisé des solutions similaires, et hier l’accueil était largement positif.
« À la fois le secrétaire au Trésor et le président de la Fed (Ben Bernanke) ont déclaré la guerre à la crise financière, et cela pourrait bien représenter un tournant », a affirmé Brian Bethune chez Global Insight.
L’universitaire Campbell Harvey s’est félicité de l’initiative gouvernementale, qui rompt, selon lui, avec les mesures purement « réactives » de septembre, quand l’administration s’efforçait « d’éteindre les incendies après les autres ». « Cette mesure n’est pas sans coût » pour les banques participant au programme, a-t-il souligné, en remarquant que l’État, qui achètera des actions sans droit de vote, s’assure d’importants dividendes (5 % par an, payable chaque trimestre, pendant les cinq premières années, et de 9 % au-delà). Sans compter les restrictions prévues à la rémunération des cadres dirigeants.
En revanche, M. Harvey regrette que le plan soit basé sur le volontariat et donc facultatif. « Certaines institutions en bonne santé ne prendront pas de fonds publics (... de peur) que cela ne laisse penser qu’elles ne vont pas aussi bien qu’on le pense », a-t-il expliqué. Avec le risque que des banques de taille modeste passent à côté d’une occasion, ce qui pourrait peser sur les petites et moyennes entreprises qui sont « le moteur de la croissance » aux États-Unis.
Quant à l’influent sénateur démocrate Charles Schumer, il a regretté que le plan du Trésor n’interdise pas les « instruments financiers exotiques », dans une allusion aux produits dérivés accusés d’avoir amplifié la crise.
Veuillez vous connecter pour visualiser les résultats L’administration Bush s’est résignée hier à une politique d’interventionnisme prudent, en montant au capital de banques américaines fragilisées à hauteur de 250 milliards de dollars, tout en se défendant de vouloir « prendre le contrôle de l’économie de marché ».
Le secrétaire au Trésor Henry Paulson l’a reconnu sans peine hier en déclarant : « Nous regrettons d’avoir à prendre ces mesures. » Pourtant, personne cette fois n’a dénoncé un virage socialiste que seraient en train de prendre les États-Unis, à la différence de ce que l’on avait vu le mois dernier quand l’État s’était adjugé près 80 % du capital de l’assureur AIG.
Même le républicain Spencer Bachus, numéro deux de la commission des Services financiers de la Chambre des représentants, a salué l’initiative...